Il salua ironiquement Cardeuc:
—… Et je vais me donner le plaisir de la visiter… Tu permets? acheva-t-il.
Il appela ses trois hommes qui se tenaient à l'écart, leur recommanda de surveiller le prisonnier jusqu'à son retour, puis il marcha vers le trou, s'étendit à terre et, en rampant, s'engagea dans cette sorte de terrier.
Ce fut avec le sourire aux lèvres que Cardeuc le vit disparaître.
Après s'être un peu traîné dans l'étroit conduit, le Beau-François se sentit les flancs dégagés des parois qui l'enserraient. Il leva la main au-dessus de lui et trouva le vide. Alors il se dressa lentement de toute sa taille sans que sa tête se heurtât. Puis ses bras s'étendirent de droite et de gauche sans rencontrer un obstacle.
—Je suis dans un caveau, se dit-il.
Ce caveau était-il petit ou grand? La profonde obscurité qui régnait ne lui permettait pas d'en juger. Mais le Beau-François avait remis en sa poche la mèche que, tout à l'heure, il menaçait le Marcassin de lui allumer entre les doigts pour le faire parler. Il battit donc le briquet, et bientôt eut de la lumière. Alors, avec un cri de joie, il promena ses regards autour de lui, s'attendant à trouver dans un coin le trésor de Cardeuc. Mais le caveau n'offrit à ses yeux que des murailles nues.
—Est-ce donc plus loin? se demanda-t-il à la vue d'un couloir qui débouchait dans le caveau.
Il s'y engagea. Au bout de vingt pas, le couloir bifurquait en deux galeries et, à tout hasard, le chercheur prit à droite.
Sa mèche ne lui donnait qu'une lueur de courte portée. Aussi le Beau-François trébucha-t-il contre un obstacle qu'avait rencontré son pied. Il baissa sa lumière et reconnut la première marche d'un escalier.