De cette fuite, avait été témoin le métayer qui, on s'en souvient, avait quitté la comtesse, pour savoir ce qu'il allait advenir de celui à qui, en mettant à profit l'entêtement du général à vouloir que l'échalas fût Meuzelin, il avait conseillé d'accepter ce rôle.
En voyant le fuyard gagner sa métairie au pas de course, le Marcassin avait souri en se disant:
—Pas trop bête, le maigriot! Le voici qui file chez moi, où il va attendre que j'arrive pour le styler sur ce qu'il aura à faire.
Laissant donc le général s'égosiller inutilement à rappeler son fugitif, le Marcassin avait piqué droit sur sa ferme où il avait retrouvé Barnabé qui s'était écrié:
—Hein! As-tu vu ce général qui persiste à vouloir que je sois un nommé Meuzelin? Toi aussi, du reste, et que le diable m'emporte si je devine pourquoi!… Et, d'abord, qu'est-ce que ce Meuzelin?
—Un célèbre agent de police.
—Pouah! pouah! un état dans lequel je n'ai jamais travaillé! lâcha
Barnabé en faisant la moue.
Puis il poussa le «ouf!» de soulagement d'un homme qui croit en être quitte et reprit:
—Si j'ai dit oui au général, c'était parce que cela paraissait te faire plaisir. À présent que je me suis débarrassé de ce têtu à grosses bottes, c'est fini. N'en parlons plus.
—Mais au contraire, mon garçon, parlons-en, car c'est loin d'être fini, dit le Marcassin.