—C'est lui qui est en danger et il m'appelle à l'aide, se dit-elle.

Et elle sortit du trou. Lentement, elle se releva et, alors, elle jeta les yeux autour d'elle.

À la bordure de la clairière, elle aperçut Coupe-et-Tranche attaché à un arbre. Il la regardait sans un mot d'appel, secouant doucement la tête.

Elle comprit aussitôt.

—Il est surveillé, se dit-elle.

Courbée, étouffant le bruit de ses pas, elle traversa la clairière, atteignit Cardeuc et, se dressant le long du prisonnier, elle tendit l'oreille à la hauteur de ses lèvres.

—Ils sont là trois qui dorment. Prends mon couteau dans ma poche et coupe mes cordes, murmura-t-il.

En effet, à cinq pas, Suzanne pouvait entendre maintenant le souffle des trois compagnons endormis. Au fait, pourquoi ces bons garçons ne se seraient-ils pas régalé de sommeil? La nuit était douce; personne, à cette heure, ne pouvait venir dans le bois et leur prisonnier était solidement attaché. C'était donc le meilleur moyen de tuer le temps jusqu'au retour du Beau-François.

Suzanne coupa les cordes.

—Bon! souffla Cardeuc devenu libre; à présent ne bouge pas. C'est mon tour d'agir.