Puis le silence et l'obscurité revinrent dans cette sorte de tombe où la jeune fille allait mourir, torturée par l'épouvantable supplice de la faim.
Cependant Suzanne, d'un pas sûr, s'était éloignée dans ce labyrinthe, dont elle connaissait tous les détours. Quand elle parvint à l'étroit conduit qui servait de sortie, elle tendit, avant de s'y engager, une oreille prudente aux bruits du dehors. Rien ne vint lui donner l'alarme.
Alors elle se glissa dans le trou, et bientôt sa tête dépassa l'ouverture. Une fois encore elle écouta.
La lune, qui brillait en son plein, éclairait la clairière du bois silencieux.
À ce moment, bien doux, tout discret, se fit entendre un petit sifflement qui semblait commander la prudence.
—C'est Cardeuc, il m'a vue, pensa Suzanne, qui connaissait ce signal.
Mais le sifflement était à ce point circonspect qu'elle ajouta:
—Ou pour lui ou pour moi, il y a danger.
Elle rentra aussitôt la tête.
Le sifflement se répéta.