—Un troisième au creps!

C'était un appel à tout joueur qui voudrait prendre part à la partie qui allait s'engager.

—Joue à cette table, me souffla aussitôt Suzanne.

Du creps, je ne savais qu'une chose, c'était que ce jeu, sévèrement prohibé partout ailleurs qu'à Frascati, se jouait à l'aide de trois dés et d'un cornet. Ce n'était donc pas la mer à boire pour moi, du moment que je n'avais qu'à perdre.

J'allai donc m'asseoir en face du jeune homme.

L'appel du croupier avait fait accourir d'autres amateurs de creps, qui prirent place autour du tapis. Puis, en un instant, la table fut entourée d'un cercle épais de curieux, hommes et femmes, debout, surveillant les coups. Au milieu de tous ces spectateurs en domino et masqués, il m'était impossible maintenant de reconnaître Suzanne.

Après que le croupier eut pris dans sa main, examiné et soupesé les dés, il les présenta au premier joueur arrivé. Celui-ci tira pour avoir le dé à jouer, et, de son coup de cornet, jeta impair. Il ramassa les dés et les présenta au jeune homme, qui les versa dans son cornet.

Il amena pair, ce qui lui accordait le dé à jouer, c'est-à-dire la tenue contre les autres joueurs.

—Donnez le point de chance! prononça le croupier.

—Neuf! dit le jeune homme.