Elle n'y alla pas par quatre chemins.
—Toi, fit-elle, tu passeras par-dessus le marché.
—Foi de qui? insistai-je.
—Foi de Suzanne! dit-elle.
Notre dialogue s'était tenu dans le vestibule, à la porte du salon de jeu. Comme je relevais mes yeux tout ravi de la promesse qui venait de m'être faite, j'aperçus, sortant du vestiaire et revêtu d'un domino, le jeune homme de tout à l'heure.
Toujours pâle, le visage morne, il traversa le vestibule, étirant les cordons du masque qu'il allait s'appliquer sur la figure. Derrière le groupe qui nous abritait, il ne pouvait nous voir et, du reste, nous eût-il vus, il n'aurait su nous reconnaître, moi masqué et costumé maintenant, Suzanne cachée sous le nouveau masque qui ne laissait rien voir de son visage.
—Entrons! commanda Suzanne qui me parut n'avoir pas remarqué l'arrivant.
Nous marchâmes pour ainsi dire sur les talons du jeune homme, qui avait achevé de se masquer.
Il fit quelques pas dans la salle de jeu, cherchant à quelle table il se placerait. Puis il alla s'asseoir devant un tapis vert où, en ce moment, n'était attablé qu'un seul joueur. Il prit un siège et attendit.
Aussitôt la voix d'un surveillant des jeux, cria: