—Hein! fit Bokel, vous avoir rattrapé! Ne venez-vous pas de me dire qu’il était aussi dans une profonde détresse?
—Et je vous le répète. Je ne crois pas que mon cousin mange tous les jours.
—Mais, alors, il ne peut avoir engraissé.
—C’est incontestable.
—Par conséquent, comment a-t-il pu regagner ces 27 livres qui vous avaient donné la victoire?
—Mais d’une manière fort simple..... En maigrissant encore.
Tout un feu d’artifice de joie éclata sur la face du tailleur.
—Quoi! quoi! s’écria-t-il, votre triomphe sur votre cousin consistait-il à peser 27 livres... de moins?
—Sans doute, puisque nous voulions savoir lequel de nous deux était le plus maigre.
On a beau dire: la joie n’étouffe pas; car c’en eût été fait de Bokel. C’était un vrai mastodonte que ce digne coupeur de culottes et, pourtant, il sautillait sur ses jambes énormes, tant une immense satisfaction le gonflait comme un vrai ballon. Pour un rien, il aurait dansé. Il nous faut dire, que cet émoi échappait à Timoléon, occupé, en ce moment, à contempler mélancoliquement son vieux chapeau qui allait si mal rimer avec ses vêtements nouveaux. Tout en promenant sa manche sur ce qui restait, par places, du poil jauni de son couvre-chef, le jeune homme avait continué: