Et il campa sur le visage de la jeune fille un si sonore et bon baiser que mademoiselle Bokel en poussa un petit cri de fauvette effarouchée.

Toujours majestueux, toujours la main dans son gilet, Bokel reprit la parole:

—Inutile de vous dire, mon gendre, que dès ce moment, vous êtes de la maison. Vous resterez avec nous jusqu’au jour du mariage. Ma table sera la vôtre et je vais, de ce pas, vous faire préparer une chambre à l’étage au-dessus.

Comme le hasard, probablement, avait mis dans la main de Polac celle de Paméla, et que le jeune homme sentit les doigts mignons de le jeune fille, par une douce pression, lui commander l’obéissance, il se répéta encore:

—Laissons-nous faire.

Puis à haute voix:

—Agissez comme vous l’entendez, cher et estimable beau-père.

Cinq minutes après, quand il revint, Bokel trouva les deux jeunes gens échangeant ces phrases niaises, communes à tous les amoureux. Pourtant, si insignifiant qu’avait été l’entretien, Polac trouva que l’absence du père aurait pu être moins courte, car, séduit par la gentillesse de Paméla, il se surprit à se dire:

—Eh! eh! ne prenons pas la chose au vrai, car je m’en amouracherais... Elle est ravissante.

Le tailleur vint à sa fille et, après l’avoir embrassée au front, il dit en souriant: