Ensuite, revenant à son sujet:
—Après tout, mon cher gendre, ne vous effrayez pas trop d’avance, car je n’entendais parler à Paméla que d’une simple et fort courte promenade en mer... par un temps de calme plat. Si la chose peut vous déplaire, nous y renonçons.
—Mais non, mais non, dit vivement Polac, il n’y faut pas renoncer. Je braverai le péril, car je suis certain que la présence de Paméla me rendra fort et vaillant.
Si insignifiante que cette conversation ait pu paraître à notre lecteur, nous avons été obligé de la relater tout au long, car elle prépare notre dénouement. Disons encore qu’elle avait fait à Bokel une impression des plus joyeuses, car, vingt fois, quand il était seul, il éclatait de rire en se répétant:
—Un mois sans manger! Quel atout dans mon jeu!.. quoique je regarde la partie des millions comme déjà gagnée!
Qu’avons-nous oublié encore de ce qui se passa dans les dix jours d’avant le mariage? Rien autre, il nous semble, que de dire qu’au désir exprimé par Polac d’annoncer son mariage à son cousin Dumouchet et de le prendre pour témoin, Bokel s’y était énergiquement opposé en alléguant cette étonnante raison:
—Non, non, il est trop malheureux... N’insultons pas à sa misère par notre joie... Ce serait manquer de cœur.
Tout en conseillant ainsi l’éloignement de Dumouchet, le tailleur était loin de prêcher d’exemple, car, la veille du mariage de sa fille, il se rendit chez le rôtisseur.
—Eh bien, quelles nouvelles de M. Dumouchet? demanda-t-il à l’homme aux volailles.
—Ah! monsieur, vous pouvez assurer au comité que son protégé se rend digne de ses bontés. M. Dumouchet engraisse à vue d’œil. Vous ne le reconnaîtriez pas.