«Monsieur de la Morpisel,
»Ainsi qu’il le prévoyait lui-même dans la lettre qu’il vous a écrite le 9 du présent mois, M. Gaspard Polac est mort aujourd’hui 23 novembre.
»Si comme je n’en doute pas, vous avez retrouvé les neveux du défunt, veuillez leur faire part de cette clause que je copie textuellement dans le testament de leur oncle:
»La graisse m’a empêché de jouir de ma fortune. Voulant qu’elle profite à mon héritier ou, pour mieux dire, que mon héritier en profite et n’en soit pas empêché par l’embonpoint d’hippopotame qui me tue, voici ce que j’ai décidé:
»Cinq millions à empocher valant bien la peine de faire le voyage de Sénégal, mes deux neveux se présenteront à Saint-Louis, devant mon ami, le solicitor John Huguesdon, qui les fera monter chacun dans le plateau d’une balance. Celui de mes neveux dont le plateau enlèvera celui de son cousin, c’est-à-dire le plus lourd, sera exclu de ma succession.»
»Daignez agréer, monsieur de la Morpisel, l’assurance de toute ma... etc.»
Tout en remettent la lettre dans ses plis, le notaire ajouta après avoir salué:
—Maintenant, messieurs, à vous de décider ce que vous avez à faire.
—Parbleu! je pars, s’écria Timoléon en se redressant tout fier de sa taille d’allumette.
—Oui, nous partons! prononça Dumouchet avec autant de force que son cousin.