—Si ce maudit Dumouchet continue à se nourrir de la sorte, le manque de parole de mon gendre ne sera que demi-mal, se dit-il.

De sorte que ce fut avec un quart de sourire qu’il répliqua au mangeur:

—Oh! oh! à en juger par votre ration, je vois que la Méduse soigne ses passagers.

—Ah! mais non, mais non, fit vivement Dumouchet, il n’en est pas ainsi pour tout le monde! Figurez-vous que j’ai retrouvé un parent de ma femme dans le Père la Méduse.

—Qui appelle-t-on ainsi?

—Le maître-cambusier du navire... Et, dame! il m’a promis de me soigner si copieusement que je n’aurai pas même besoin d’entamer mes sacs de provisions.

Ces paroles entrèrent comme une musique dans l’oreille du tailleur.

—La Providence me sourit, se répéta le gros homme, dont c’était la phrase favorite, surtout quand il parvenait à faire accepter par un client une culotte mal coupée.

Il était donc, sinon calmé, tout au moins de moitié moins grognon quand, pour prendre l’air, il monta sur le pont. Il n’eut guère le temps de se rafraîchir les poumons, car, à son troisième pas, une large main lui tapota le ventre et une voix railleuse s’écria:

—Oh! le bon nanan! le bon nanan!