—Moi? un ingrat!... Quel service m’as-tu donc rendu, mon cher? s’écria-t-il.
—Un service immense... et, surtout, rare.
—Rare? répéta Polac.
—Oui, très-rare.
Ils étaient seuls. Nul ne pouvait les entendre. Alors l’échappé du radeau de la Méduse, se penchant à l’oreille de son cousin, lui souffla bien bas:
—JE T’AI MANGÉ TON BEAU-PÈRE!
En apprenant quel avait été le sort de Bokel, le feu sombre qui brillait dans l’œil de Timoléon sembla avoir brusquement perdu la moitié de son éclat. Il s’éteignit même tout à fait quand Dumouchet eut ajouté ce renseignement que le gendre ignorait:
—Ton beau-père... qui avait cinquante bonnes mille livres de rente.
En songeant à ce qu’avait été, au poids, le digne tailleur, il crut que le cousin se vantait en s’attribuant toute la gloire d’un exploit gastronomique qui, forcément, avait réclamé de l’aide pour pouvoir être accompli.
A son tour, il se pencha vers... le tombeau de Bokel et lui demanda: