—Est-ce qu’on doit prendre au sérieux les paroles d’une femme jalouse et furieuse! répondit-il.

—Alors, selon vous, c’est la jalousie qui a causé cette scène?

Il y eut, chez Prévannes, un peu d’hésitation avant de répondre:

—Oui... et je suis certain que Baba, en admettant qu’elle se les rappelle, doit être au désespoir d’avoir prononcé de telles paroles.

—C’est ce que je serai à même de vérifier quand je l’interrogerai...

L’assurance que Maurice cherchait à montrer eut l’air de se démentir à cette nouvelle que sa maîtresse serait interrogée séparément. Avait-il menti en affirmant le dire de mademoiselle Lurette sans importance aucune? Craignait-il une vengeance qui se traduirait par des révélations? Ou bien, certain de n’être pas trahi par Baba, avait-il simplement peur d’une imprudence bien involontaire de la part de la donzelle? Pour mieux apprécier sa situation, il voulut d’abord savoir à quoi s’en tenir.

—Ah! elle va venir? dit-il d’un ton dégagé.

—Non, pas maintenant... L’ordre de se rendre à mon bureau est pour l’après-midi.

Cette réponse ne devait pas être du goût de Maurice, car il eut besoin de raffermir sa voix en demandant:

—Et moi... jusqu’à ce moment-là?