Sa remarque faite, mais sans y attacher la moindre importance, il allait secouer son homme pour le tirer de sa torpeur, quand, après un petit coup frappé, la porte du cabinet s’ouvrit pour laisser passer la tête du secrétaire Jacquet.

—Monsieur, annonça-t-il à mi-voix, il y a là une brave femme d’une cinquantaine d’années... domestique de son état, m’a-t-elle dit... qui demande à vous parler.

—Eh bien! qu’elle attende que j’en aie fini avec monsieur, dit le commissaire en montrant celui qu’il avait mentalement traité de melon.

—Ah! qu’elle attende, répéta le secrétaire d’un ton désappointé, c’est que...

—Que quoi? fit le supérieur en voyant son employé hésiter à achever sa phrase.

—C’est qu’il va bientôt être midi, lâcha timidement Jacquet.

Ce simple renseignement valait tout un discours. Il rappelait au fonctionnaire qu’on était au dimanche du congé de quinzaine, jour où, à partir de midi, le bureau fermait, se reposant du soin des affaires de cette demi-journée sur le commissariat du même quartier le plus voisin, chargé, suivant l’usage, de l’intérim.

Or, que son chef reçût cette femme, c’était, pour Jacquet, voir se reculer l’heureux moment de prendre la clef des champs.

C’est juste! fit le supérieur, comprenant à demi-mot. Alors dis à cette personne, si ce n’est personnellement à moi qu’elle a affaire, qu’elle repasse demain matin. Sinon, envoie-la au commissariat de la rue Taitbout, qui, aujourd’hui, fait notre intérim.

—Bien! dit Jacquet joyeux.