Tout s’enchaîne ici-bas. A un mince détail qu’on a eu le tort de négliger s’accroche bien souvent un gros événement qui vous surprend plus tard. Disons tout de suite que si M. O*** avait reçu cette femme, il se serait évité tout le tintouin qu’allait lui procurer l’être qui venait de se relever de dessus son fauteuil en débitant d’un ton lamentable:

—Ma Ririsse! où est ma Clarisse?

—C’est ce que nous chercherons à deviner tout à l’heure, dit le commissaire, profitant de cette entrée en matière. Apprenez-moi d’abord comment vous vous nommez.

—Mathurin Poliveau.

—Votre profession? Votre domicile?

—Rentier... rue Richer, 41.

—Depuis quand êtes-vous marié?

—Depuis huit mois.

Le commissaire aimait à prendre le taureau par les cornes. Cette fois, du reste, l’occasion y prêtait, car, rien qu’à voir cette face de niais, il y avait cent à parier contre un que madame Poliveau, fatiguée de la vie en commun avec un tel mari, était allée, au loin, se créer une vie à part.

Aussi M. O*** lâcha-t-il cette question quelque peu brutale: