—Une observation, dit-il.
—Parlez.
—N’aviez-vous pas écrit à madame Poliveau de se recueillir en l’adoration qu’elle a pour vous? Au lieu d’admettre l’enlèvement, ne pouvons-nous pas supposer qu’elle ait quitté son logis...
—Quitter un logis où tout lui parlait de moi, c’est impossible! déclara sèchement Mathurin.
—Soit! mais enfin supposons-le... Et qu’elle ait choisi quelque coin isolé pour s’y recueillir, suivant vos ordres, dans son adoration.
Poliveau secoua encore la tête à la façon d’un magot de la Chine.
—Mon instinct ne me trompe jamais, vous dis-je. Clarisse a été enlevée... et pour longtemps! La preuve en est que ceux qui ont fait le coup ont eu, en même temps, la précaution d’emporter tout son trousseau, linge, robes, chaussures...
Jusqu’alors M. O*** s’était amusé en homme qui trouve une occasion de rire; mais aux derniers mots de Mathurin, le commissaire se réveilla en lui et immédiatement flaira choses de son ressort.
—Ah! ah! dit-il, on a fait maison nette chez vous?
—Non, non, entendons-nous bien, reprit Poliveau, j’ai dit qu’on avait enlevé tout ce qui était à l’usage de ma femme... Ils ne m’ont pas laissé un ruban, une épingle, un fil... rien qui me rappelle que Clarisse est restée huit mois dans ce logis.