Et l’infortuné Mathurin, repris par le désespoir, se mit à fondre en larmes en ajoutant:
—C’est à croire que je n’ai jamais été marié de ma vie... Rien ne m’est resté qui le prouve.
—Oh! à défaut de tout cela, vous avez encore l’acte de mariage qui vous a été délivré à la mairie où votre union s’est célébrée, objecta M. O***.
Ces paroles redoublèrent le Chagrin de Poliveau qui bégaya avec peine:
—Voilà qui vous trompe... Oui, je l’avais, cet acte... Clarisse me l’a fait souvent toucher... Mais les gueusards qui ont enlevé ma colombe ont aussi fait main basse sur ce papier.
Il y eut, de la part de Mathurin, toute une tempête de sanglots et de gémissements entre la réponse ci-dessus et les mots qui suivirent:
—Et le malheur, c’est qu’il m’est impossible de m’en procurer un double... J’ai été hier à la mairie du IXe arrondissement pour le demander. Les commis m’ont ri au nez en me disant: «Ah! çà, d’où sortez-vous? Vous ne savez donc pas que les registres des mairies... et celui où vous deviez être inscrit, se trouvant plein, était du nombre... avaient été envoyés aux archives de la Ville, avenue Victoria, qui ont été dernièrement incendiées de fond en comble... Tout l’état civil des Parisiens est anéanti... Ce sont eux qui vont nous aider à le reconstituer... Au lieu de nous en réclamer un double, apportez-nous donc plutôt l’acte qui vous a été délivré à l’époque de votre mariage.» Et, là-dessus, ils m’ont renvoyé en riant de plus belle.
—C’est vrai, pensa le commissaire qui, un moment avait oublié tous les désastres du second siége de Paris.
Puis à haute voix:
—Il vous reste encore la ressource de vous adresser à l’église où a été célébrée la cérémonie religieuse.