Ma fine oreille d’aveugle perçut alors le bruit du froissement d’un papier que madame Nubadar venait de prendre sur l’assiette.

Il y eut un petit silence, puis la digne mère de mon ange lança ces mots:

—Mazette! c’est salé!!! Tiens, regarde donc un peu, Clarisse.

Et elle passa ledit papier à sa divine progéniture qui, bientôt, répondit:

—Oui, c’est raide.

A quoi Touriquet, auquel l’ange avait donné le papier, ajouta à son tour:

—En effet, c’est poivré!...

Je poussai du coude mon ami, ce qui était ma manière de l’interroger sur la signification de cette scène incompréhensible pour moi.

Avec son inépuisable complaisance, le bon Touriquet me souffla aussitôt:

—Rien qui menace vos amours.... Je vous ai dit que pour nous recevoir, on avait décommandé l’ambassadeur d’Angleterre, qui comptait piquer ici l’assiette ce soir... De colère d’avoir été évincé, il vient d’écrire à madame Nubadar un billet de la dernière raideur.