Jusque-là, nous le répétons, la chose n’avait encore que l’allure d’une mystification et rien ne faisait pressentir au magistrat le but mystérieux qui, pendant huit mois, avait fait vivre cette Clarisse, une rusée coquine, aux côtés d’un pareil nigaud.
Pour comprendre que le Touriquet et la Nubadar n’étaient que de simples comparses, le commissaire n’avait qu’à se souvenir, suivant le récit de Mathurin, que grâce à une bombe et à un omnibus, ils allaient bientôt sortir de scène pour laisser la place au personnage principal, le Deus ex machina, celui qui tenait les principaux fils du pantin et au profit duquel la farce, indubitablement, avait été jouée.
V
Craignant, s’il posait des questions, de voir Poliveau s’étendre en divagations prolixes, le commissaire le remit sur la voie en disant:
—Bref, vous fûtes mariés?
—Oui, monsieur, huit jours après je couronnais légitimement les feux de Clarisse devant M. le maire.
—A la mairie du IXe arrondissement, m’avez-vous dit? demanda M. O*** en insistant.
—Oui, monsieur, au premier étage.
—Bah! et pourquoi pas au rez-de-chaussée où se trouve la salle des mariages? dit le commissaire qui flairait une nouvelle comédie.
—Parce que, m’a appris Touriquet, les peintres, justement ce jour-là, collaient du papier neuf dans la salle des mariages.