—Mais, pour un mariage, la loi exige des témoins? avança M. O***.
—Nous les avions. De mon côté Touriquet et l’oncle Canivel.
—Ah! oui, cet oncle de votre femme que vous n’avez pas pu retrouver, continua le commissaire devinant que l’oncle Canivel devait être le Deus ex machina qu’il attendait.
—Précisément.
—Et, du côté de mademoiselle Nubadar?
—De son côté, les deux témoins étaient de grands dignitaires turcs dont les noms m’échappent, mais qui étaient couchés tout au long sur mon acte de mariage disparu. C’est Touriquet qui me les a présentés au sortir de la mairie.
—Et vous leur avez serré la main pour les remercier, dit M. O*** peu convaincu de l’existence de ces deux personnages, car il trouvait la pantalonnade trop compliquée en compères.
—Non, il n’y a pas eu de poignées de mains parce que Touriquet m’a dit que c’était contraire à l’étiquette orientale, mais je ne les en ai pas moins remerciés chaleureusement des vœux qu’ils ont bien voulu faire pour mon bonheur. «Que Mahomet étende sa chaussure sur toi», m’a dit l’un... «Allah est grand! a prononcé l’autre, qu’il te fortifie le cœur avec la moelle des lions noirs»... Hein! comme c’est oriental.
—Tout ce qu’il y a de plus oriental! répondit M. O*** sans rire le moindrement.
Puis, désireux de suivre la farce jusqu’au bout, il s’empressa d’ajouter: