—Et ce doit être ces mêmes bourreaux qui ont empêché le vieillard de me donner de ses nouvelles... C’est probablement un d’eux qui a joué le rôle du portier qui m’a répondu ne pas connaître de Canivel dans la maison. Ah! ils avaient bien ourdi leur trame.

—En conséquence, reprit M. O***, comme nous ne sommes que deux et qu’ils sont sans doute nombreux...

—Qui sait? cent peut-être.

—Vous ne voyez donc aucun inconvénient à ce que nous nous fassions accompagner?

—J’allais vous le demander.

Deux sergents de ville passaient, faisant leur ronde, M. O*** les appela et se fit connaître. Ils se mirent aussitôt à ses ordres.

—A présent, monsieur Poliveau, écoutez-moi bien, j’ai une petite leçon à vous faire. Ces deux hommes et moi, après la porte ouverte, nous nous tiendrons dans l’obscurité du vestibule. Vous, vous continuerez votre chemin, jusqu’à la loge du concierge... Il est inutile de nous montrer si cet homme vous laisse monter... Nous ne paraîtrions que dans le cas où il voudrait vous faire violence... car je tremble à cette idée, que vous venez d’émettre, que nous avons probablement affaire à un faux portier.

—Je vous ai dit que j’étais très-observateur.

—Vous avez mieux fait que le dire, vous me l’avez prouvé, avança le commissaire, qui, depuis qu’il s’était résolu à jouer du Poliveau, était arrivé, on le voit, à acquérir, un beau talent.

—Bon! c’est convenu! A présent, je sonne, dit Mathurin en étendant la main.