A ce moment, Mathurin, son bâton en avant, sortit de l’ombre, s’avançant vers la loge.
—Tiens! c’est vous, monsieur Poliveau, dit le concierge en le reconnaissant; malgré l’heure avancée de la nuit, je n’en suis pas moins votre respectueux serviteur.
Et, à l’appui de ce qu’il venait de débiter, le respectueux serviteur, qui croyait avoir toujours affaire à un aveugle, tira une langue énorme à Mathurin.
Le commissaire n’eût pas fait d’avance la leçon à Poliveau qu’il se fût peut-être trahi à l’aspect de cette langue qui s’exhibait à six pouces de son visage. Il demeura la face immobile, les yeux grands ouverts et se contenta de demander:
—Mon oncle est chez lui?
—Faut avouer que vous choisissez bien votre heure pour rendre vos visites! reprit le concierge, qui riait silencieusement avec force grimaces sous le nez de celui qu’il croyait toujours privé de la vue.
Entre deux rires, il se reprit:
—Suis-je bête! j’oublie que, pour vous, il n’y a ni midi ni minuit!
Puis il eut l’air de se consulter et murmura:
—Après tout, c’est leur affaire... Je vais leur envoyer l’oiseau, ils s’en arrangeront... J’en ai assez de ces gens-là qui se bûchent à attirer encore la police!