—Du tout, répondit l’autre, ils sont chez moi, dans une cachette, tout aussi en sûreté que dans les caves de la Banque.

Après avoir donné ses nom, prénoms, et adresse pour qu’on lui dressât la police, il partit en répétant qu’il apporterait la somme le lendemain.

Deux minutes plus tard, Maurice, après avoir pris ses cliques et ses claques, quittait à son tour le bureau où il ne devait plus revenir.

Arrivé dans la rue, la première chose que vit Maurice fut le corps d’un homme tué, disait-on, par la rupture d’un anévrisme, que des sergents de ville emportaient...

Et dans cet homme, il reconnut le monsieur qui, tout à l’heure, était sorti de son bureau.

Aussitôt il songea à ce capital de 40,000 francs dont lui avait parlé le défunt, cette somme ignorée du fils aveugle, enfouie dans une cachette, dont nul n’avait connaissance... et, alors seulement, l’eau lui vint à la bouche.

Dès le lendemain fut organisée cette comédie qui devait nous mettre à même de fouiller tous les meubles à notre aise. Le début était facile, attendu que notre pigeon à plumer habitait, rue Cassette, une maison dont la majeure partie était louée en garni par un marchand de meubles qui en était le principal locataire. Pour 25 ou 30 francs par mois, on pouvait donc ainsi aller se mettre à l’affût sous le même toit que le gibier.

—Mais, fit le commissaire en interrompant, il y avait une vieille bonne près de l’aveugle, une nommée Javotte?

—Attendez donc. Oui, il y avait une servante et ce fut Bernisier qui sut l’embobiner.

—Bernisier? répéta le commissaire étonné de ce nom nouveau.