—Bernisier, qui, pour Poliveau, prit le nom de Touriquet. C’était un ami de Maurice, ancien commis voyageur... un fainéant et un buveur de première force, mais drôle comme tout, avec des idées comme pas un, et, par-dessus le marché ventriloque... qu’il vous en faisait mourir de rire, surtout dans la scène où il imitait toute une famille d’Auvergnats enfermés dans une tabatière..... En lui promettant une part dans l’affaire, Maurice le décida à être des nôtres.

Le commissaire interrompit Baba. Pendant qu’on était en train, il voulait couler à fond la question des comparses.

—Et madame Nubadar? demanda-t-il.

—C’était maman.

—Elle est morte?

—Pas le moins du monde. Elle continue à crier son poisson dans la rue en poussant sa voiture à bras. Dans le commencement, elle croyait à une plaisanterie... à l’histoire de se faire rincer le bec et remplir l’estomac par un imbécile. Mais, quand elle a eu flairé la chose, elle nous a dit: «Ça, ce n’est pas de la marée assez fraîche pour moi, je vous lâche, mes bibis.»

M. O*** n’insista pas sur ce point, mais il reprit:

—Et Touriquet vit-il aussi?

—Ah! non, lui, il s’est fait casser la tête par une ruade de cheval pendant le siége.

—Et le maire alsacien qui recommandait tant de soigner les meubles?