—Et M. Bonifacio, as-tu vu comme il pleurait à chaudes larmes?

—Oui... il aura été fortement secoué par la scène du traître et de l’héroïne... Cela prouve qu’il a l’âme sensible... Virginie sera heureuse avec lui.

—Est-ce que tu ne le trouves pas un peu gros?

—Puisque mademoiselle de Veausalé t’a dit que, dans le grand monde, on appelait cela un dodu de bon goût.

—Mais où est-elle donc passée, mademoiselle Paméla?

—Elle vient de sortir, en me faisant comprendre par un signe qu’elle allait retrouver ses illustres amis pour tâcher de les ramener, répond le vermicellier.

En effet, l’institutrice a quitté la salle pour se mettre à la recherche des seigneurs disparus. Elle finit par les retrouver au café du théâtre, où ils sont en train de soigner le mal étrange qui les abat. Le comte de Aricoti se tient renversé sur une banquette, la tête en l’air, avec une serviette mouillée sur les yeux. Quant au fier duc, ses éternuments ont cessé, mais le feu qui lui dévore l’intérieur des narines est si intense que, pour calmer l’incendie, il s’est fait servir un saladier plein d’eau dans lequel il laisse tremper son nez.

M. de Croustaflor daigne sortir de son bain pour promettre à Paméla que, aussitôt leurs souffrances apaisées, son neveu et lui rentreront dans la salle pour faire connaître leur décision à la famille Ribolard.

L’institutrice se hâte de les quitter pour porter cette bonne réponse aux parents de Virginie.

Cependant, l’acte durant lequel les nobles étrangers sont sortis vient de finir, et le café est envahi par les consommateurs. Parmi eux se trouvent Ernest et Borax, qui arrivent s’asseoir à côté des deux représentants de la cour de Monaco.