[157] Le journal subit ici une interruption de plusieurs années, soit que Delacroix eût alors cessé de prendre ses notes journalières, soit que les petits cahiers où il inscrivait ses impressions aient disparu; cette dernière hypothèse nous paraît la plus vraisemblable.

Sur cette période de sa vie (1825-1832) il n'a été retrouvé, en fait de document intime, qu'un petit album rouge que Delacroix portait sur lui dans son voyage en Angleterre (1826) et qui contient des croquis de paysages.

On y lit aussi ces courtes réflexions inspirées par la vie et la mort de lord Byron, pour qui Delacroix eut toujours une admiration passionnée. L'idée qu'il exprime sur le malheur réservé aux grands hommes lui tenait au cœur, car il l'a développée à plusieurs reprises; il remarque quelque part que «les grands hommes ont une vie plus traversée et plus misérable que les autres».


[1830]

Sans date.—Ordinairement, le point d'interruption de la composition, c'est-à-dire la manière dont tranche le groupe de devant avec les figures plus éloignées, doit être sombre et fait mieux au bord qu'éclairé; encore par la raison que les devants doivent autant que possible se détacher en sombre par les bords. Jusqu'ici, je crois ce principe le plus fécond pour le clair-obscur.

Le Corrège ne me paraît pas aussi complet dans le clair-obscur que Véronèse et Rubens; il détache trop souvent des membres très clairs sur un fond sombre; ce qui fait bien sur un fond sombre, c'est alors des parties entièrement reflétées.

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