Nègre, que Mornay m'a fait remarquer; il m'a semblé avoir une manière particulière de porter le haïjck.
Vu de côté la mosquée en allant chez un des consuls. Un Maure se lavait les pieds dans la fontaine qui est au milieu; un autre se lavait accroupi sur le bord[165].
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29 janvier[166].—Vue ravissante en descendant le long des remparts, la mer ensuite. Cactus et aloès énormes. Clôture de cannes; taches d'herbes brunes sur le sable.
En revenant, le contraste des cannes jaunes et sèches avec la verdure du reste. Les montagnes plus rapprochées d'un vert brun, tachées d'arbustes nains noirâtres. Cabanes.
La scène des chevaux qui se battent[167]. D'abord ils se sont dressés et battus avec un acharnement qui me faisait frémir pour ces messieurs, mais vraiment admirable pour la peinture. J'ai vu là, j'en suis certain, tout ce que Gros et Rubens ont pu imaginer de plus fantastique et de plus léger. Ensuite le gris a passé sa tête sur le cou de l'autre. Pendant un temps infini, impossible de lui faire lâcher prise. Mornay est parvenu à descendre. Pendant qu'il le tenait par la bride, le noir a rué furieusement. L'autre le mordait toujours par derrière avec acharnement. Dans tout ce conflit, le consul est tombé. Ensuite laissé tous deux; allant sans se lâcher du côté de la rivière, y tombant tous deux et le combat continuant et en même temps cherchant à en sortir; les jambes trébuchent dans la vase et sur le bord, tout sales et luisants, les crins mouillés. A force de coups, le gris lâche prise et va vers le milieu de l'eau, le noir en sort, etc.... De l'autre côté le soldat tâchant de se retrousser pour retirer l'autre.
La dispute du soldat avec le groom. Sublime avec son tas de draperie, l'air d'une vieille femme et pourtant quelque chose de martial.
En revenant, superbes paysages à droite, les montagnes d'Espagne du ton le plus suave, la mer bleu vert foncé comme une figue, les haies jaunes par le haut à cause des cannes, vertes en bas par les aloès.
Le cheval blanc entravé qui voulait sauter sur un des nôtres.