2 octobre.—Prêté à Soulier petite esquisse, d'après Rubens, de la vie de Marie de Médicis, la Paix mettant le feu à des armes... des monstres sur le devant, la Reine dans le fond entrant dans le temple de Janus.
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5 octobre.—Prêté à Villot le numéro de la Revue où est l'article de Gautier sur Töpffer.
—Villot venu me voir; nous avons parlé du procédé de la figure de l'Italie.[385]
J'ai été reprendre mon travail pour la première fois, depuis le 12 septembre. Je suis satisfait de l'effet de cette figure. Toute la journée, j'ai été occupé, et très agréablement, d'idées et de projets de peintures relatives à cela. J'ai peint en quelques instants la petite figure de l'homme tombé en avant percé d'une flèche.
Il faudrait faire ainsi des tableaux esquisses qui auraient la liberté et la franchise du croquis. Les petits tableaux m'énervent, m'ennuient; de même les tableaux de chevalet, même grands, faits dans râtelier; on s'épuise à les gâter. Il faudrait mettre dans de grandes toiles, comme Cournault me disait qu'était la Bataille d'Ivry de Rubens, à Florence, tout le feu que l'on ne met d'ordinaire que sur des murailles.
La manière appliquée à la figure de l'Italie est très propre pour faire des figures dont la forme serait aussi rendue que l'imagination le désire sans cesser d'être colorées, etc.
La manière de Prud'hon s'est faite en vue de ce besoin de revenir sans cesse, sans manquer à la franchise. Avec les moyens ordinaires, il faut toujours gâter une chose pour en obtenir une autre; Rubens est lâché dans ses Naïades, pour ne pas perdre sa lumière et sa couleur. Dans le portrait de même: si l'on veut arriver à une extrême force d'expression et de caractère, la franchise de la touche disparaît, et avec elle la lumière et la couleur. On obtiendrait des résultats très prompts et jamais de fatigue. On peut toujours reprendre, puisque le résultat est presque infaillible.