[62] Zuchelli, chanteur du théâtre Italien, qui débuta le 20 octobre 1822 dans le rôle de Pharaon de Moïse en Égypte, opéra de Rossini.
[63] Voir le Catalogue Robaut, n° 54.
[64] Berryer était parent de Delacroix, petit-cousin, croyons-nous. Il est probable que c'est à ce titre que le général Jacquinot avait prié Delacroix de le mettre en relation avec le célèbre avocat. Bien qu'il y eût peu de points communs entre Delacroix et Berryer, lequel n'était nullement artiste, malgré sa curiosité des choses d'art, Delacroix allait souvent à Augerville, et il résulte de sa correspondance qu'il ne s'y déplaisait pas. Ses séjours dans la propriété de Berryer étaient autant de repos pour lui. Dans les dernières années du journal, il se montrera assez sévère pour l'esprit de son illustre parent, auquel il reprochera d'être éminemment superficiel. (V. Souvenirs de M. Jaubert. Ce livre contient de très intéressants détails sur Delacroix, Berryer et la société d'Augerville.)
[65] Delacroix fait ici allusion, comme nous l'avons déjà dit dans notre étude, à l'un des fragments les plus fougueux de son Massacre de Scio au sujet duquel Th. Gautier écrivait: «Ces scènes horribles, dont nul ménagement académique ne dissimule la hideur, ce dessin fiévreux et convulsif, cette couleur violente, cette furie de brosse soulevaient l'indignation des classiques, et enthousiasmaient les jeunes peintres par leur hardiesse étrange et leur nouveauté que rien ne faisait pressentir.» Ce fut après le Massacre de Scio que M. de La Rochefoucauld, alors directeur des Beaux-Arts, fit appeler Delacroix pour lui recommander de «dessiner d'après la bosse».
[66] Cette idée de mémoire sur la peinture le poursuivit toute sa vie; elle se transforma par la suite en dictionnaire où chaque terme d'art est expliqué et commenté par des exemples pris sur les maîtres.
Après plusieurs essais, il met enfin, en 1857, son idée à exécution. Le dimanche 11 janvier, il commence «un Essai d'un dictionnaire des Beaux-Arts, extrait d'un dictionnaire philosophique des Beaux-Arts».
[67] Il s'agit très probablement ici de Jean-Henri Dufresne, peintre, né à Étampes en 1788. Dufresne avait d'abord été magistrat à l'époque des Cent-jours; mais ayant perdu sa place au retour des Bourbons, il se mit à l'étude des arts et exposa quelques paysages au Salon. Il publia également plusieurs livres d'éducation et de morale.
[68] Dans le cahier manuscrit dont nous avons déjà parlé, Delacroix donne sur la mort de Géricault des détails qu'il nous a paru intéressant de reproduire ici:
«Il faut placer au nombre des plus grands malheurs que les arts ont pu éprouver de notre temps la mort de l'admirable Géricault. Il a gaspillé sa jeunesse, il était extrême en tout: il n'aimait à monter que des chevaux entiers et choisissait les plus fougueux. Je l'ai vu plusieurs fois au moment où il montait à cheval: il ne pouvait presque le faire que par surprise; à peine en selle, il était emporté par sa monture. Un jour que je dînais avec lui et son père, il nous quitte avant le dessert pour aller au bois de Boulogne. Il part comme un éclair, n'ayant pas le temps de se retourner pour nous dire bonsoir, et moi de me remettre à table avec le bon vieillard. Au bout de dix minutes, nous entendons un grand bruit: il revenait au galop, il lui manquait une des basques de son habit: son cheval l'avait serré je ne sais où et lui avait fait perdre cet accompagnement nécessaire. Un accident de ce genre fut la cause déterminante de sa mort. Depuis plusieurs années déjà, les accidents, suites de la fougue qu'il portait en amour comme en tout, avaient horriblement compromis sa santé: il ne se privait pas pour cela tout à fait du plaisir de monter à cheval. Un jour, dans une promenade à Montmartre, son cheval l'emporte et le jette à terre. Le malheur voulut qu'il portât par terre ou contre une pierre à l'endroit de la boucle absente de son pantalon où se trouvait un bourrelet qu'il avait formé pour y suppléer.
«Cet accident lui causa une déviation dans l'une des vertèbres, laquelle n'occasionna pendant un temps assez long que des douleurs qui ne furent pas un avertissement suffisant du danger. Biot et Dupuytren s'en aperçurent quand le mal était déjà presque sans remède: il fut condamné à rester couché, et moins d'un an après il mourut, le 28 janvier 1824.» (EUGÈNE DELACROIX, sa vie et ses œuvres.)