[84] Probablement la petite aquarelle mentionnée au Catalogue Robaut, n° 211.
[85] Vittoria Colonna, marquise de Pescara, célèbre par sa beauté, ses vertus et son talent de poète. On connaît d'elle deux portraits célèbres, l'un de Sébastien dei Piombo, l'autre du Mutien (Muziano), élève du Titien (Tiziano). Il y a ici évidemment une confusion dans l'esprit de Delacroix entre le Mutien et le Titien.
[86] Lamey, cousin de Delacroix, devint président de cour à Strasbourg.
[87] Dès sa vingtième année, Delacroix avait compris, comme tous les hommes supérieurs, que la véritable instruction n'est pas celle que l'on reçoit de ses maîtres, mais bien celle que l'on se donne à soi-même. Dans une lettre très curieuse, adressée à Pierret en 1818, il écrivait: «Il faut cet hiver nous voir bien souvent, lire de bonnes choses. Je suis tout surpris de me voir pleurer sur du latin. La lecture des anciens nous retrempe et nous attendrit: ils sont si vrais, si purs, si entrants dans nos pensées!»
A propos d'Horace, il dit autre part: «Horace est à mon avis le plus grand médecin de l'âme, celui qui vous relève le mieux, qui vous attache le mieux à la vie dans certaines circonstances, et qui vous apprend le plus à mépriser dans d'autres.» (Corresp., t. I, p.. 15 et 24.)
[88] Le premier Diorama fut établi en 1822, rue Samson, derrière le Château-d'Eau.
[89] Ces questions d'hygiène favorable au travail intellectuel préoccupaient Delacroix. Baudelaire, qui le fréquentait dans l'intimité, nous le montre saisissant sa palette «après un déjeuner plus léger que celui d'un Arabe». Dans la seconde partie de sa vie il eut cruellement à souffrir de lourdeurs d'estomac, et ce fut sans doute cette raison qui l'amena a modifier son hygiène: Il déjeunait à peine et ne prenait qu'un fort repas, celui du soir.
[90] Il est intéressant de rapprocher cette appréciation sur Charlet formulée en 1824, de l'article que Delacroix lui consacra, après sa mort, en 1862, dans la Revue des Deux Mondes. «Son talent n'avait point eu d'aurore, il est arrivé tout armé, pourvu de ce don d'imaginer et d'exécuter qui fait les grands artistes. Il a même cela de remarquable que la première période de son talent est celle où ce talent est le plus magistral. Dans les sujets aussi simples et, ce qu'il y a de plus difficile, dans la représentation de scènes vulgaires dont les modèles sont sous nos yeux, Charlet a le secret d'unir la grandeur et le naturel.» (Revue des Deux Mondes, 1er juillet 1862.)