[109] Il ressort clairement de ce passage que Delacroix avait posé lui-même dans l'atelier de Géricault pour une figure d'homme placée sur le devant du radeau de la Méduse, la tête penchée en avant et les bras étendus. Il existe même un dessin à la mine de plomb in-4° qui a précédé la peinture (voir Catalogue Robaut, n°9). Mais Delacroix fait évidemment allusion ici à la tête d'étude, bien plus grande que nature, qui a passé à la vente P. Andrieu, et que possède aujourd'hui le musée de Rouen.

[110] Marcos Botzaris, l'un des héros de la Grèce moderne, qui contribua à l'insurrection de 1820. Il se signala dans de nombreux combats et s'enferma dans les murs de Missolonghi; cette place étant près de se rendre, il s'efforça de la sauver par un acte de dévouement semblable à celui de Léonidas; il pénétra de nuit avec trois cents hommes dans le camp des Turcs; mais il fut atteint d'une balle à la tête et mourut à Carpenitza (1823). (Voir Catalogue Robaut, n° 1407 et 1408.)

[111] Ces conseils d'hygiène mentale, qui reviennent à chaque page du Journal et au sujet desquels nous avons insisté dans notre étude, Delacroix ne se contentait point de se les prodiguer à lui-même; il aimait à en donner de semblables à ses amis. C'est ainsi qu'il écrivait à Pierret: «Lutte avec courage contre tes malheurs et ne laisse perdre aucune parcelle de ce temps qui ne sera pas ingrat et t'apportera plus tôt que tu ne penses le fruit de tes sueurs. Quand tu auras conquis par ta force la douce indépendance, comme tu l'aimeras mieux toi-même!» (Corresp., t. I, p. 51.)

[112] Joseph-Louis Leborne, peintre, né à Versailles en 1796. Il se livra à la fois à la peinture de paysage, à la peinture historique et à la lithographie; il exposa fréquemment jusqu'en 1840.

[113] Henri Decaisne, peintre, né à Bruxelles en 1779, mort en 1852, élève de David, Gros et Girodet, fit surtout des tableaux d'histoire.

En 1824, il s'occupait spécialement de lithochromie avec son frère Joseph Decaisne, également peintre, puis botaniste distingué, qui devint membre de l'Institut.

[114] Probablement un album. (Voir Catalogue de la vente Coutan, 1889, n° 211.)

[115] Deloches, peintre, resté inconnu, contemporain de Delacroix.

[116] Planat, peintre de portraits, né en 1792, mort en 1866. Delacroix écrivait à propos de lui à Soulier: «Je suis bien charmé d'apprendre que tu aies trouvé Planat à Florence. C'était un fort bon garçon. Il avait au collège un grand amour pour le dessin et y réussissait fort bien. Il doit bien faire à présent. Tu ne me dis pas s'il a jeté son bonnet par-dessus les murs et s'il est peintre tout à fait, ou bien s'il a encore comme toi un pied dans quelque petit bout de chaîne.» (Corresp., t. I, p. 76.)

[117] Dans le cours du Journal, on trouvera indiqué plus d'un projet de voyage que l'artiste ne réalisa jamais. Il est important de noter qu'il ne visita pas les musées d'Italie. En 1821, il écrivait à Soulier, alors installé à Florence.: «Dieu, quel pays! Comment, vous avez des ciels comme cela? Des montagnes comme cela? Je ne plaisante pas, ce diable de dessin m'avait tourné la tête, et j'avais déjà fait une foule de plans superbes pour aller manger mon petit revenu dans la Toscane, auprès de toi, mon cher ami. Mais ne parlons pas de tout cela. Je n'aurai jamais la force de prendre une résolution, et je pourrirai toute ma vie où le ciel m'a jeté en commençant.» (Corresp., t. I, p. 78.)