[112] Le comte de Lasteyrie, archéologue et homme politique, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, s'était fait connaître par des travaux d'archéologie et de critique d'art. Il avait écrit des articles sur Delacroix au journal le Siècle.
[113] Nous avons pu, grâce au précieux travail de M. Maurice Tourneux, Delacroix devant ses contemporains, suivre, année par année, les jugements portés par le célèbre adversaire du maître sur ses différentes expositions. En 1822, il écrivait à propos du Dante et Virgile: «La force convient à l'étude. M. Delacroix l'indique par son tableau du Dante et Virgile; ce tableau n'en est pas un; c'est, comme on le dit en style d'atelier, une vraie tartouillade.» En 1855, réunissant ses articles parus dans le Journal des Débats, après avoir dit quelques mots des débuts du jeune homme de talent auquel il n'avait cessé de prodiguer ses conseils, il recommençait «le procès intenté depuis trente ans à l'École moderne». (V. le livre de M. Tourneux.)
[114] Sémiramis, opéra en deux actes, de Rossini.
[115] Nous avons déjà noté que le baron Rivet avait été un ami de jeunesse et un camarade d'atelier de Delacroix et de Bonington. M. Tourneux dit à propos de lui: «Il avait écrit sur le premier de ces deux grands artistes un article très important qui fut présenté à la Revue des Deux Mondes, mais non inséré, et c'est grand dommage, car on y eût trouvé des renseignements bien précieux sur les débuts, les théories, et les procédés de travail du maître.»
Ce que M. Tourneux ne dit pas, et ce que nous pouvons ajouter, c'est que l'article du baron Rivet avait été précisément composé à l'occasion du Journal que nous offrons intégralement au public, dont il avait eu la bonne fortune de détenir quelques fragments en copie. Reconnaissons qu'il a fallu tout un étrange concours de circonstances pour que l'œuvre posthume du plus illustre de nos peintres ne se trouvât livrée à la publicité que trente années après sa mort.
[116] Il s'agit probablement ici d'une répétition avec variantes du tableau qui porte la date de 1839. (Voir Catalogue Robaut, n° 698.)
[117] La Cruvelli (baronne Vigier) était une cantatrice célèbre. Ses débuts, selon Delacroix, semblent être passés inaperçus. Si l'on interroge ses biographes, il est facile de constater en effet qu'à la différence de ses illustres rivales, les Grisi, les Pisaroni, ses débuts n'eurent aucun éclat.
[118] Le 14 avril 1853, Delacroix écrivait à M. Moreau père: «Eh bien, oui, cher ami, c'est vraiment à n'y pas croire, et pour ma part je n'y comprends rien. Il semble maintenant que mes peintures soient une nouveauté récemment découverte, que les amateurs vont m'enrichir après m'avoir méprisé.» Dans une précédente note, et à propos de toiles vendues par le maître à des marchands ou à des amateurs, nous avons fait quelques rapprochements de chiffres qui par eux-mêmes sont assez éloquents. Delacroix ne s'en montrait pourtant pas mécontent. Il n'était pas exigeant à ce point de vue. Souvent dans sa correspondance il demande à l'amateur qui désire une de ses œuvres d'en fixer lui-même le prix. A cinquante-cinq ans, après trente années de production ininterrompue, c'est un sentiment de surprise qu'il éprouve à constater que le succès lui vient!
[119] Henri Rodakowski, peintre polonais, né à Lemberg. Il fut élève de Léon Cogniet. Il envoya au Salon de 1852 un beau portrait de Dembinski, qui lui valut une première médaille. Il exposa ensuite portrait de sa mère en 1853 et celui de Frédéric Villot en 1855.
[120] Delacroix rencontrait assez souvent Th. Gautier chez Riesener et ne se montrait pas toujours à son égard aussi courtois qu'on aurait pu le penser. Nous tenons de Mme Riesener le détail suivant: un soir, Gautier demanda à Delacroix de lui prêter un costume oriental, dont il l'avait vu revêtu à un bal costumé, et le peintre refusa net en termes qui jetèrent un froid parmi les assistants. Nous nous sommes déjà expliqué sur la cause probable de la froideur de Delacroix.