[121] Cette admirable toile a figuré récemment à l'Exposition des Cent chefs-d'œuvre, à la salle Petit, avec la Fiancée d'Abydos. Le prix en question était deux mille francs. (Voir Catalogue Robaut, n° 1192.)

[122] Achille Fould, homme d'État et financier, ministre de Napoléon III. Il fut élu en 1857 membre de l'Académie des beaux-arts.

[123] Ce fut pour le Moniteur que Delacroix écrivit le grand article sur le Poussin qui parut dans les nos des 26, 29, 30 juin 1853.

[124] En ce qui touche l'opinion de Delacroix sur Courbet et le réalisme, nous nous sommes expliqué dans notre Étude (voir t. I, p. XXX, XXXI). Voici ce que le maître écrivait dans un des albums de son Journal: «Eh! réaliste maudit, voudrais-tu par hasard me produire une illusion, telle que je me figure que j'assiste en réalité au spectacle que tu prétends m'offrir? C'est la cruelle réalité des objets que je fuis, quand je me réfugie dans la sphère des créations de l'Art.» Et plus loin: «Il existe un peintre allemand nommé Denner, qui s'est évertué à rendre dans ses portraits les petits détails de la peau et les poils de la barbe: ses ouvrages sont recherchés et ont leurs fanatiques. Véritablement ils sont médiocres et ne produisent point l'effet de la nature. On objectera peut-être que c'est qu'il manquait de génie; mais le génie même n est que le don de généraliser et de choisir.» Baudelaire a merveilleusement commenté les causes de l'antipathie d'Eugène Delacroix pour l'art de Courbet.

[125] Le tableau auquel Delacroix fait allusion est celui qui figura au Salon de 1853 sous ce titre: Demoiselles de village. Ce sont deux baigneuses, l'une debout, vue de dos, l'autre assise sur l'herbe. Chenavard conte que Delécluze disait de cette dernière: « Cette créature est telle, qu'un crocodile n'en voudrait pas pour la manger.»

[126] Cette Fileuse figurait à l'Exposition universelle de 1889.

[127] Il nous paraît au moins curieux de rapprocher du jugement de Delacroix celui de Baudelaire sur le même Millet: «M. Millet cherche particulièrement le style: il ne s'en cache pas; il en fait montre et gloire. Mais une partie du ridicule que j'attribuais aux élèves de M. Ingres s'attache à lui. Le style lui porte malheur. Ses paysans son des pédants qui ont d'eux-mêmes, une trop haute opinion. Ils étalent une manière d'abrutissement sombre et fatal qui me donne l'envie de les haïr.» (Curiosités esthétiques. Salon de 1859. Le paysage.)

[128] Germain Thibaut, ancien président de la chambre de commerce, membre du conseil municipal de Paris.

[129] On sait en quelle estime Delacroix tenait les œuvres de Decamps. Il prononce quelque part dans son Journal le mot génie en parlant d'un de ses tableaux. Il avait d'autant plus de mérite à conserver l'impartialité que Decamps, dans un certain genre, était son rival tout indiqué, celui dont le nom venait naturellement à la bouche des ennemis de Delacroix, quand ils voulaient lui opposer un artiste s'étant inspiré de l'Orient. C'est ainsi que les Goncourt, par exemple, dans une plaquette tirée à l'occasion de l'Exposition de 1855, traitent Delacroix de «coloriste puissant, mais à qui a été refusée la qualité suprême des coloristes: l'harmonie». Puis ils entonnent un hymne en l'honneur de Decamps.

[130] Delacroix semble ici se reporter par le souvenir à ses premières impressions de 1825, époque de son voyage à Londres, lorsque, après avoir vu Lawrence, il écrivait à Pierret: «C'est la fleur de la politesse et un véritable peintre de grands seigneurs... J'ai vu chez lui de très beaux dessins de grands maîtres, et des peintures de lui, ébauches, dessins même, admirables. On n'a jamais fait les yeux, des femmes surtout, comme Lawrence, et ces bouches entr'ouvertes d'un charme parfait. Il est inimitable.» (Corresp., t. I, p. 108-109.)