13 avril.—La plus belle matinée du monde et la plus douce impression en ouvrant ma fenêtre. Le sentiment du calme et de la liberté dont je jouis ici est d'une douceur inexprimable. Aussi je laisse venir ma barbe et je suis presque en sabots. Travaillé aux Baigneuses[285] toute la matinée, en interrompant de temps en temps mon travail pour descendre dans le jardin ou dans la campagne.

Vers trois heures, promenade assez courte dans la forêt, en prenant par l'allée du chêne Prieur, revenant vers la grande allée qui croise celle de l'ermitage et revenu enfin par cette dernière, après avoir passé à l'ombre derrière l'enclos. Peu d'idées, mais un certain sentiment de bonheur: satisfaction de moi-même et de mon travail.

Trouvé deux belles plumes d'oiseau de proie.

Le soir, sommeil après dîner et promenade jusqu'à onze heures, par la lune, dans le jardin.

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14 avril.—Assez mauvaise disposition toute la matinée.—Travaillé aux Guetteurs de lion[286].

Sorti avant dîner avec Jenny, qui est souffrante et inquiète; Julie partait le soir pour son pays.

Dans la journée, promenade de temps en temps dans le jardin.

Écrit à Silvestre et à Moreau[287].