À tout moment, le bruit de mes pas fait fuir ces pauvres oiseaux, qui s'envolent toujours deux par deux. C'est le réveil de toute cette nature; elle a ouvert la porte aux amours. Il vient de nouvelles feuilles verdoyantes, il va naître des êtres nouveaux, pour peupler cet univers rajeuni. Le sens savant s'éveille chez moi plus actif que dans la ville. Ces imbéciles (les savants) vivent dans leur cabinet, ils le prennent pour le sanctuaire de la nature. Ils se font envoyer des squelettes et des herbes desséchées, au lieu de les voir baignées de rosée.
—Me voici assis dans un fossé sur des feuilles séchées, près du grand chêne qui se trouve dans la grande allée de l'Ermitage.
—Je suis toujours sujet, au milieu de la journée à un abattement qui est le dernier acte de la digestion.
—Quand je rentre aussi de ces promenades du matin, je suis moins disposé, ou plutôt je ne suis plus disposé du tout au travail.
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Vendredi 7 mai.—Revenu à Paris pour voir l'esquisse de Riesener chez Varcollier; elle ne s'y est pas trouvée, quoiqu'il l'y eût envoyée. J'avais fait une séance le matin au Jardin des plantes. J'y ai fait renouveler ma carte. Travaillé au soleil, parmi la foule, d'après les lions.
En arrivant, pris, dans le jardin, de ma langueur; je me suis mis à dormir au soleil, sur une chaise.
—Couru l'après-midi, pour l'affaire du fils de Varcollier, de l'Hôtel de ville jusque passé la place de la Bourse, sans trouver une voiture libre. Je suis venu chez moi voir mes lettres, envoyer les billets disponibles pour la fête de lundi, et reparti à cinq heures.—Arrivée toujours charmante dans cet endroit. Revenu à travers la plaine.
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Lundi 10 mai.—Jour de la distribution des aigles, que j'ai passé à Champrosay.