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Paris, mardi 11 mai.—Parti de Champrosay à onze heures un quart. J'ai envoyé ces demoiselles[83] à la maison et suis resté au Jardin des plantes. Vu les galeries d'anatomie au milieu d'une foule énorme; malgré les inconvénients, j'ai été intéressé.

Venu pour dîner.

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Mercredi 12 mai.—J'extrais d'une lettre à Pierret mes réflexions sur l'interruption de mon travail pendant huit jours.

«... Il ne faut pas quitter sa tâche: voilà pourquoi le temps, voilà pourquoi la nature, en un mot tout ce qui travaille lentement et incessamment, fait de si bonne besogne. Nous autres, avec nos intermittences, nous ne filons jamais le même fil jusqu'au bout. Je faisais, avant mon départ, le travail de M. Delacroix d'il y a quinze jours: je vais faire à présent le travail de Delacroix de tout à l'heure. Il faut renouer la maille, le tricot sera plus gros ou plus fin.»

Le cousin Delacroix a dîné avec moi. J'avais trouvé sa carte vendredi dernier. Nous avons été finir la soirée au café de Foy.


[80] Tous ces chênes, arbres séculaires de la forêt de Sénart, devinrent pour Delacroix le sujet de croquis plus ou moins arrêtés dont on retrouve la trace dans son œuvre.