Mercredi 10 juillet.—Quitté Bruxelles. Pays charmant entre Liège et Verviers. Passé à Aix-la-Chapelle, sans pouvoir y entrer. Qu'il y a de temps que j'y suis venu avec ma bonne mère, ma bonne sœur et mon pauvre Charles!... Nous étions enfants tous les deux... J'ai aperçu assez longtemps le Louisberg où nous allions enlever des cerfs-volants avec Leroux, le cuisinier de ma mère. Où sont-ils tous?
Un peu avant, nous avions pris les voitures prussiennes, beaucoup plus étroites et incommodes que celles des Belges. Route insipide jusqu'à Cologne.
Arrivés par une pluie continue. Logé à l'hôtel de Hollande, sur le Rhin, d'où on a une très belle vue,... à ce que j'ai conjecturé, à cause du brouillard et du mauvais temps. Sensation triste de ces uniformes étrangers et de ce jargon.
Le vin du Rhin, à dîner, m'a fait trouver la situation tolérable; malheureusement, j'avais le plus mauvais lit possible, quoique le logis fût un des plus considérés.
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Jeudi 11 juillet.—Le matin, départ à cinq heures et demie en bateau par la pluie. Ennuis excessifs pour l'embarquement, le bagage, etc. La veille, à l'arrivée à Cologne, attente éternelle pour la visite de la douane.
Le voyage a été assez agréable, à partir de Bonn; les deux rives, surtout la rive droite, présentent de beaux aspects de montagnes, qui sont un peu gâtées par la culture. Vu, en passant, les Sept montagnes, célèbres dans les légendes allemandes.
Arrivés à Coblentz vers une heure, et départ pour Ems, où les ennuis du logement m'ont occupé jusqu'à cinq ou six heures. Casé provisoirement avec Jenny, dans une espèce de grenier, et le lendemain provisoirement encore, mais tolérablement.
Ce lendemain, après la visite du médecin, qui m'a plu assez, et qui ne m'appelle que M. Sainte-Croix, pris d'une petite migraine qui a été en empirant jusqu'au soir. Je n'ai rien mangé du tout et me suis guéri de la sorte.
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