[331] Voir t. III, p. [106] et [107].
[332] Il nous a paru intéressant de rapprocher de ce fragment de Delacroix un fragment de Stendhal qui nous semble conçu à peu près dans le même esprit. Nous avons d'ailleurs noté déjà dans notre Étude certaines analogies entre eux: «Le Romanticisme, dit Beyle, est l'art de présenter aux peuples les œuvres littéraires qui, dans l'état actuel de leurs habitudes et de leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de plaisir possible. Le Classicisme, au contraire, leur présente la littérature qui donnait le plus grand plaisir possible à leurs arrière-grands-pères... Je n'hésite pas à avancer que Racine a été romantique» (Stendhal, Racine et Shakespeare.)
[333] À peine est-il besoin de faire remarquer que cette manière de boutade est en contradiction absolue avec les idées qu'il professait d'habitude et qui constituent l'essence même du génie de Delacroix.
[334] Ceux qui se rappellent l'exposition des œuvres de Delacroix au palais des Beaux-Arts ont conservé le souvenir d'une admirable copie de Raphaël (voir Catalogue Robault, n° 24), merveilleusement significative de l'énergie avec laquelle il avait su dompter sa fougue naturelle pour s'assimiler la manière d'un artiste de tempérament aussi opposé. À propos de cette éducation des peintres par l'étude des maîtres antérieurs, nous trouvons dans un recueil de notes laissées par Rurty et publiées par M. Maurice Tourneux l'opinion de Meissonier, qui perdrait à être commentée: la voici dans toute sa franchise: «Dans la journée, je lui demandai s'il avait fait au Louvre des copies peintes.—Jamais! jamais! s'est-il écrié. Et puis, d'ailleurs, et le temps de copier la peinture des autres!» (Croquis d'après nature, par Ph. Burty.)
[335] Nous avons déjà touché dans notre Étude à ce point intéressant. Nous trouvons la même idée reprise et développée dans une conversation de Baudelaire avec Eugène Delacroix, rapportée dans l'Art romantique: «La nature n'est qu'un dictionnaire, répétait-il fréquemment... Pour bien comprendre l'étendue du sens impliqué dans cette phrase, il faut se figurer les usages ordinaires et nombreux du dictionnaire. On y cherche le sens des mots, la génération des mots, enfin on en extrait tous les éléments qui composent une phrase ou un récit; mais personne n'a jamais considéré le dictionnaire comme une composition dans le sens poétique du mot. Les peintres qui obéissent à l'imagination cherchent dans leur dictionnaire les éléments qui s'accommodent à leur conception... Ceux qui n'ont pas d'imagination copient le dictionnaire.»
[336] Voir t. I, p. 439.
[337] Voir t. II, p. 201 et 202.