[400] Alphonse Périn (1798-1875), peintre, élève de Guérin, qui fit surtout de la peinture religieuse. C'est dans l'atelier de leur maître commun que s'était nouée cette amitié solide dont parle Delacroix.
3 octobre.—Pour peindre en détrempe une toile à l'huile, et par conséquent pour retoucher un tableau à l'huile, mêler à la détrempe de la bière, qu'on rend plus forte en la faisant recuire. Le vernis Sœhnée bien pour vernir la détrempe, pour fixer la détrempe, pour repeindre ensuite à l'huile ayant le ton frais en dessous. Peindre en détrempe avec de la colle coupée: six parties d'eau, une partie de colle. Passer ensuite de l'amidon bien passé et bien battu. Passer lestement avec une brosse large.
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4 octobre.—Revoir l'Adam et Ève[401] ébauché par Andrieu d'après celui de la bibliothèque de la Chambre.—Revoir le Château de Saint-Chartin, vu par derrière.—Revoir la Marguerite en prison[402] avec Faust et Méphistophélès, puis l'Aspasie[403] jusqu'à la ceinture grande comme nature; voir un bon croquis dans un album du temps.
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6 octobre.—De Paris, à neuf heures et demie, à Fontainebleau; trouvé Viardot. A l'hôtel du Cadran bleu, pris une voiture pour Augerville. Cheminé à distance avec deux personnes qui y allaient aussi, dont M. Legrand, ami de Berryer. Enchanté de l'embrasser.
Ma journée m'a fatigué.
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Augerville, vendredi 16 octobre.—Supériorité de la musique: absence de raisonnement (non de logique). Je pensais tout cela en entendant le morceau bien simple d'orgue et de basse que nous jouait Batta ce soir, après lavoir joué avant le dîner. Enchantement que me cause cet art; il semble que la partie intellectuelle [404] n'ait point part à ce plaisir. C'est ce qui fait classer l'art de la musique à un rang inférieur par les pédants.