1er août.—Le matin, meilleure disposition; encore au chemin de Saint-Loup et fait un croquis que j'ai colorié dans la journée.

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2 août.—Après dîner, une des plus délicieuses promenades que j'aie faites ici: j'étais dispos, l'esprit tranquille, tout me charmait. J'ai fait un croquis de la ferme Jacquot et, plus haut sur la route près de la table ronde de pierre, une vue générale de la vallée[459]. Admiré encore le fond sauvage avec bouleaux, sources et rochers.

Je ne pouvais m'arracher à tout cela: quel charme grandiose! Et personne près de moi n'y prenait garde. Je rencontrais à chaque instant des groupes: les hommes ne s'entretenaient que d'argent; je l'ai remarqué.

Revenu lentement achever la soirée à l'établissement. J'y trouve Mme Marbouty[460]; conversation jusqu'à dix heures passées. Elle a des révélations: un esprit lui parle et lui dicte des choses merveilleuses. Cet esprit lui a appris à guérir sa mère qui a quatre-vingt-deux ans et qui était dans un état désespéré. Je lui ai demandé pourquoi elle ne profitait pas du même moyen pour se guérir elle-même; je ne sais ce qu'elle m'a répondu. J'ai rendez-vous avec elle après déjeuner demain pour savoir ce que lui a dicté son génie. Elle est tout étonnée que je n'aie pas aussi des révélations.

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3 août.—Mon voisin de table me dit que M. Lhéritier[461] dit à un malade agité ou surexcité par le bain: «Ne le prenez que de trois quarts d'heure ou d'une demi-heure.»

M. Turck[462], au contraire, dit dans un cas analogue: «Prenez trois heures de bain.»

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Champrosay, 11 août.—Parti de Paris pour Champrosay.