J'étais, de Dieppe à Rouen, avec trois Anglais, jeunes tous les trois; et comme je voyageais en première classe, il y avait lieu de penser qu'ils étaient aisés. Ils étaient très négligés, un d'eux surtout qui l'était jusqu'à la malpropreté et jusqu'à avoir des habits déchirés. Je ne m'explique pas ce contraste si tranché avec leurs habitudes d'autrefois; je l'ai remarqué dans le voyage que j'ai fait à Baden, de Strasbourg; un des jours qui ont suivi celui-ci, pendant que je faisais mon examen des tableaux, je rencontrai lord Elcoë, notre vice-président, dans une tenue presque sale; le bon Cockerell, qui m'a accompagné jusqu'à la place Louis XV un autre jour, avait une cravate de couleur très commune; ils sont tout à fait changés; nous avons pris beaucoup, au contraire, de leurs manières d'autrefois.
*
15 octobre.—Première séance du jury. Levée de boucliers de l'Institut contre la pluralité des médailles.
*
22 octobre.—Aujourd'hui, le cousin Delacroix est arrivé; il est revenu le soir dîner avec Jacob[129] et le gendre de la cousine Jacob, M. Lesueur, avoué, établi à Rouen; la présence de ce dernier a nui un peu à l'agrément de la soirée: fort bon garçon d'ailleurs, mais très bavard, paralysant l'entrain des autres et étouffant leurs voix.
Le cousin revient le lendemain matin pour connaître le résultat des votes du jury général, et me quitte peu après.
*
27 octobre.—Je lis dans un article de Gautier, sur Robert Fleury: «Certes, M. Robert Fleury a droit au titre de maître; il a fait des ouvrages excellents... M. Robert Fleury n'a presque jamais regardé la nature à air libre, etc.»