15 janvier.—Concert Viardot. Magnifique concert: l'air d'Armide. Ernst[151], le violon, m'a fait plaisir; Telefsen me dit chez la princesse qu'il a été très faible. J'avoue mon impuissance à faire une grande différence entre les diverses exécutions, quand elles sont arrivées à un certain degré. Comme je lui parlais de mon souvenir de Paganini, il me dit que c'était sans doute un homme incomparable. Les difficultés et les prétendus tours de force que présentent ses œuvres sont encore pour la plupart indéchiffrables pour les violons les plus habiles: voilà l'inventeur! Je pensais à tant d'artistes, qui sont le contraire, dans la peinture, dans l'architecture, dans tout.
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16 janvier.—Jour de Boilay. Aller chez Bisson et chez la princesse. Resté très tard chez la princesse.
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17 janvier.—Chez Mme Viardot: elle a chanté de nouveau l'air d'Armide... Sauvez-moi de l'amour!
Berlioz insupportable, se récriant sans cesse sur ce qu'il appelle la barbarie et le goût le plus détestable, les trilles et autres ornements particuliers dans la musique italienne; il ne leur fait même pas grâce dans les anciens auteurs, comme Hændel; il se déchaîne contre les fioritures du grand air de D. Anna.
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18 janvier.—Voir Guillemardet, avant le conseil.—Après le conseil: Guérin, Mesnard[152], Philippe Rousseau.—Carte à Baroche, Grosclaude[153].—Voir à l'Hôtel de ville pour le surplus du payement du salon de la Paix.—Cerfbeer.
—À l'Hôtel de ville et flânerie complète; j'aime beaucoup à rôder ainsi toute une journée dans ce vieux Paris. Quinze jours avant, j'avais été dans le Marais pour trouver le général G..., à la place Royale, et j'étais revenu tout le long des boulevards. Aujourd'hui, j'ai été chez Guérin, que je n'ai pas trouvé, et je suis entré à Notre-Dame.
Chez Baroche; lui écrire.