La nuit se passa ainsi. Martine, avec des simples ramassées en leur saison, fabriquait des tisanes qu'elle sucrait de miel, pour apaiser les quintes de toux devenues plus fréquentes.

A l'aube Jasmin courut à Melun chercher un médecin. Il faisait grand jour lorsque la berline du vieux praticien traversa le village. Elle s'arrêta devant la maison Buguet. Ce fut Laïde Monneau qui ouvrit la porte.

—Hélas! Hélas! s'écria-t-elle en levant les bras, le curé lui serait peut-être plus utile, soit dit sans vous offenser! La pauvre femme ne peut plus rien avaler!

Le médecin alla droit au lit, d'où s'élevait un râle. Il regarda tristement la malade:

—Laissez-la en repos, le temps achève son œuvre.

D'un geste lent de vieux philosophe, il remit son gant de laine qu'il avait ôté en entrant.

—Il n'y a rien à faire, mon pauvre ami, avoua-t-il à Jasmin.

—Rien?

—Rien.

Le médecin partit. Alors des voisins firent irruption dans la maison.
Ils s'informèrent de ce qu'il avait ordonné et tous protestèrent.