—Tu vois, dirent les paysans au vieux Jasmin, c'est nous qui paierons les violons!
Quelque temps après un des Règneauciel, Pierre, garçon de vingt ans, accourut essoufflé de Melun:
—Le peuple de Paris a pris la Bastille d'assaut! s'écria-t-il. Ils ont massacré la garnison!
On s'assembla vis-à-vis de l'église. Pierre, qui avait vécu dans la capitale, parla de la liberté conquise. Il voulait aller se battre contre les Suisses et les Allemands du Roi.
A ces nouvelles, le vieux Jasmin vacilla sur ses jambes. Son visage, tout fripé par les rides et qu'encadrait une barbe argentée, devint plus pâle.
—On vit trop! On vit trop! murmura-t-il en levant une main tremblante.
Pierre Règneauciel entra chez lui, désigna le portrait de la Pompadour:
—Tu devrais brûler cela!
—Non! s'écria le vieillard d'une voix rauque.
—Cela te portera malheur!