La seconde galerie répète la première, moins les écussons; les trèfles y sont également très-profondément creusés.

Le sol de cette galerie devait s'élever à six ou sept pieds au-dessus du niveau de la cour, qui se trouve aujourd'hui fort exhaussée par les détritus de toutes sortes, arbres, pierres, etc. On descendait dans cette cour par un escalier parfaitement conservé; de droite et de gauche, partant du sol pour atteindre à la hauteur de la galerie, sur laquelle elles s'appuient en pente, se trouvent cinq dalles sculptées, représentant divers personnages dont quelques-uns d'une expression assez heureuse, mais d'un tout autre caractère que les bas-reliefs en pierre et en stuc déjà connus.

La troisième galerie a ses soutiens ornés de la même manière que celle déjà décrite, et ne se distingue que par les soubassements des piliers, en pierres chargées d'ornements et de sculptures bien conservées.

La seconde cour est sans ornementation. Les bâtiments d'habitation, placés au sud des deux cours se composent d'un enchevêtrement de galeries et d'intérieurs de diverses grandeurs, de couloirs et de souterrains où l'on remarque un autel et des pierres de sacrifice; il est fort difficile de pénétrer dans ces intérieurs: la plupart sont affaissés et les autres menacent ruine.

Le même tigre à deux têtes qu'on voit sur l'autel, au milieu de la vaste esplanade du palais à Uxmal, se retrouve à Palenqué, dans le bas-relief oval incrusté à l'intérieur d'un appartement du palais; il supporte une femme ou une déesse à laquelle un personnage à genoux semble offrir un diadème orné d'une haute aigrette de plumes. J'allais oublier de parler du canal souterrain qui coule aux pieds du palais; j'ignore jusqu'où il conduit, et je ne pénétrai pas au delà de dix mètres; d'une largeur de deux mètres sur une hauteur égale, il est couvert d'immenses pierres, qui lui donnent une solidité que n'ébranlent pas encore les dévastations de la forêt. L'eau, qui coule dans ses profondeurs, est toujours limpide et d'une fraîcheur remarquable dans ce climat dévorant.

Une tour carrée de deux étages s'élève dans une petite cour, au sud de la quatrième galerie. Percée de quatre fenêtres à chaque étage, elle domine l'ensemble du palais. Cette tour offre un coup d'œil des plus pittoresques: des arbres énormes ont poussé dans l'intérieur du second étage, et semblent sortir d'une caisse, comme les orangers dans nos serres. Les racines ayant percé les murailles, encerclent la tour comme les cerceaux d'une immense cuve, et menacent de la briser par l'irrésistible pression de leur croissante vigueur.

Je voulus prendre une vue de ce monument original dans son aspect sauvage, et c'était la meilleure de mes reproductions, mais elle fut perdue ainsi que beaucoup d'autres, et les quatre plus mauvaises me restèrent seules.

Du reste, je l'avoue, mon expédition à Palenqué fut un insuccès déplorable. Il m'eût fallu dix fois les ressources dont je disposais, et j'en eus là moins qu'ailleurs; il m'eût fallu des glaces et du collodion, et je n'avais que du papier ioduré dont l'exposition est d'une longueur énorme, la réussite toujours incertaine, et dont le développement demande de l'eau distillée que je n'avais pas, et des soins impossibles dans le désert. J'avais apprécié d'avance les difficultés qui m'attendaient, et chaque jour il en surgissait de nouvelles.

Ainsi, les Indiens ne voulurent point nettoyer les herbes qui couvraient la frise de la façade, pas plus que couper les arbres qui s'avançaient, cachant la plupart des détails. Ils craignaient, disaient-ils, de voir l'édifice s'écrouler sous leurs pieds.

J'avais établi mon cabinet noir dans un souterrain; j'y préparai mes feuilles le matin. Mais l'eau du canal toute pure et limpide qu'elle parût, amenait dans mes lavages des milliers de taches que je ne pouvais prévenir. J'exposais le jour, et, difficulté nouvelle! il faisait une telle humidité dans ces bois, que ma chambre noire, éprouvée par deux années de voyage, se resserrait jusqu'à briser ses jointures, de façon qu'il m'était impossible de faire jouer les châssis. Plus tard, vers le midi, la chaleur était tellement intense, que le bois se contractait avec la même puissance et que tout était à jour. Il fallait alors envelopper l'instrument du haut en bas avec des linges et des vêtements que je mis en lambeaux pour cet usage.