La galerie extérieure devait entourer le palais tout entier, et les restes de piliers existants le feraient croire; le plan donné par Stephens dans son ouvrage nous a paru d'une grande exactitude, et il lui a fallu de longues recherches pour le reconstruire aussi parfait.

Aujourd'hui, la galerie extérieure de face n'offre plus que huit piliers debout, et l'espace libre encore est de trente-deux à trente-cinq mètres. La galerie, affaissée à son extrémité de gauche, se trouve, par un plan incliné, reliée avec le toit de l'édifice.

Chaque pilier a huit pieds d'élévation, et chacun possède un bas-relief de même hauteur avec un riche encadrement. Le sujet représente généralement de un à trois personnages: l'un debout, guerrier, prêtre ou monarque dans l'attitude du commandement, la tête couverte d'une parure de plumes, de lauriers ou d'ornements bizarres, les deux autres prosternés en suppliants. Cinq de ces piliers ont le même genre de bas-reliefs; le sixième, celui de gauche, ne porte que des hiéroglyphes. Il est probable alors que les deux piliers suivants, portant aussi des inscriptions, étaient placés au milieu de l'édifice, et qu'un autre escalier correspondant à celui dont l'emplacement est marqué dans notre photographie, donnait accès sur une porte semblable à celle qui s'ouvre du côté de la première cour. L'autre se serait ouverte au sud vers les bâtiments d'habitation.

Tous les bas-reliefs sont dans le plus triste état; l'un n'a qu'une tête, une jambe, un bras, ou quelqu'autre partie du corps; il faut beaucoup d'habileté pour les reconstruire. Cependant, avec les profils marqués sur le plat du mur on pourrait y arriver. On reconnaît au décollage de certaines portions des bas-reliefs que les sujets ont été modelés sur le ciment déjà sec dont les piliers sont enduits.

Ainsi que nous l'avons fait observer pour les temples, chaque dessus de porte était formé par un linteau de bois composé de deux pièces dont les empreintes existent encore au sommet de chaque pilier. Comme ceux du Yucatan, le bâtiment lui-même n'était composé que d'une frise s'élevant du pilier à la hauteur du monument; mais cette frise était plus étroite que celles d'Uxmal, se rapprochant de celles de Chichen-Itza; seulement, au lieu d'être perpendiculaire, elle obliquait un peu sur elle-même.

Il est difficile, aujourd'hui, de juger de l'ornementation de cette frise, il en reste fort peu de chose, ce sont des espèces de méandres, modelés dans le ciment, et dont la manière ainsi que les matériaux employés rappellent le style des monuments d'Izamal.

L'encadrement de pierres est beaucoup plus développé que dans les monuments d'Uxmal et devait former et forme encore au-dessus de chaque pilier une saillie énorme.

L'intérieur de la galerie porte à hauteur d'homme six écussons au milieu desquels on voyait autrefois des figures d'homme et dont il ne reste aujourd'hui que des débris. Ces écussons, placés à l'abri, ont conservé une couleur claire.

Au-dessus des écussons, des ouvertures en forme de trèfle sont creusées dans le mur de soutènement des deux galeries, mais sans le perforer entièrement; elles n'ont guère que dix-huit pouces de creux. Les trois feuilles du trèfle n'ont pas même la forme complétement ronde, car les extrémités sont terminées par de petites dalles. Le dessus de la grande porte affecte la même figure.

La façade et la galerie que nous venons de décrire est noire et couverte de mousses; j'essayai de la nettoyer et de frotter les piliers, afin de leur donner une couleur plus photogénique, mais sans y réussir; je fus, du reste, obligé de le faire pour tous les objets que je voulus reproduire. Dans l'origine, l'édifice était entièrement peint, et l'on retrouve encore des traces de couleur.