—Tiens, tiens, fit le voleur d'un ton narquois, nous avons donc une montre? Et comme je continuais mon rôle d'étonné:

A ver el relog: Voyons cette montre, fit-il brutalement.

Je ne pouvais résister, il m'eût mis à nu comme un ver, et l'autre camarade me tenait en joue. Je m'exécutai.

—Rendez grâce à Dieu, me dit l'effronté, rendez grâce à Dieu d'être tombé sur des caballeros comme nous, car de tout autre, cela ne se fut point passé de même; et comme je lui remettais la montre.—Allez, dit-il, et ne péchez plus.

Une métisse avait été plus heureuse; elle avait sur ses genoux une charmante fille de quatre ans: chaque fois, elle avait caché ses boucles d'oreille dans la bouche de son enfant, en lui recommandant bien de ne point parler, et la chère petite avait parfaitement joué son rôle. La route de Puebla à Mexico était gardée, j'arrivai donc sans nouvel accident.

XVII

LE POPOCATEPETL

Ascension du Popocatepetl.—Le village d'Amécaméca.—La famille Perez.—Tomacoco.—Le rancho de Tlamacas.—Excursions aux environs.—Le cimetière indien.—Le volcan.—Retour à Amécaméca.—Départ pour Vera Cruz—Rencontre de deux partis.—Encore les voleurs.—Dolorès Molina.—Son enlèvement.—Vera Cruz.—Retour en Europe.

Je ne pouvais quitter le Mexique sans tenter l'ascension du Popocatepetl, le volcan le plus élevé de l'Amérique du Nord. Il y avait là de belles vues à prendre, et tout au moins, comme souvenir, je tenais à reproduire l'intérieur du cratère, le pic et ses environs; il me paraissait, en outre, flatteur pour mon amour-propre de voyageur, d'aller faire de la photographie à 17,852 pieds au-dessus du niveau de la mer, et je serais désolé de n'être point le seul. Je préparai donc mon petit bagage artistique, composé d'une chambre stéréoscopique et de divers produits. J'avais avec moi un jeune homme nommé Louis, qui, à Mexico, m'avait aidé dans mes travaux photographiques; notre départ fut fixé à la fin de septembre.