[Note 138: ][ (retour) ] «.. Figurez un siége en forme contre elle, des forts. des levées de terre, une armée qui l'environne, et des machines de guerre autour de ses murs... Prenez aussi une plaque de fer, et vous la mettrez comme un mur de fer entre vous et la ville: puis regardez la ville d'un visage ferme...,» etc. (Ezéchiel, chap. IV, vers. 2 et 3.) Ezéchiel tient en effet la plaque de fer, et autour de lui sont des béliers.
[Note 139: ][ (retour) ] «Ung soir advint, que les Turcs amenerent ung engin, qu'ils appelloient la Pierriere, un terrible engin à mal faire: et le misdrent vis-à-vis les chaz-chateilz, que messire Gaultier de Curel et moy guettions la nuyt. Par lequel engin ilz nous gettoient le feu gregois à planté, qui estoit la plus orrible chose, que onques jamés je veisse... La maniere du feu gregois estoit telle, qu'il venoit bien devant aussi gros que ung tonneau, et de longueur la queuë enduroit bien comme d'une demye canne de quatre pans. Il faisoit tel bruit à venir, qu'il sembloit que ce fust fouldre qui cheust du ciel, et me sembloit d'ung grant dragon vollant par l'air, et gettoit si grant clarté, qu'il faisoit aussi cler dedans nostre ost comme le jour, tant y avoit grant flamme de feu. Trois foys cette nuytée nous getterent ledit feu gregois o ladite perriere, et quatre foiz avec l'arbaleste à tour.» (Joinville, Histoire de saint Louys, édit. Du Cauge, 1668.)
[Note 140: ][ (retour) ] Hist. de la croisade contre les hérétiques albigeois, écrite en vers provençaux, publ. par M. C. Fauriel. Coll. de docum. inéd. sur l'Hist. de France, 1re série, et le manusc. de la Bibl. Imp. (fonds La Vallière, n°91). Ce manuscrit est d'un auteur contemporain, témoin oculaire de la plupart des faits qu'il raconte; l'exactitude des détails donne à cet ouvrage un grand intérèt; nous signalons à l'attention de nos lecteurs la description de la gate et de sa marche par petits sauts «entrel mur el castel ela venc de sautetz,» qui peint avec énergie le trajet de ces lourdes charpentes roulantes s'avançant par soubresauts. Pour insister sur ces détails, il faut avoir vu.
[Note 141: ][ (retour) ] Le sire de Joinville, Hist. du roi saint Louys, édit. 1668. Du Cange, p. 37. Dans ses observations, p. 69, Du Cange explique ainsi ce passage: «Le roy saint Louys fit donc faire deux beffrois, ou tours de bois pour garder ceux qui travailloient à la chaussée: et ces beffrois étoient appellés chats-chateils, c'est-à-dire cati castellati, parce qu'au dessus de ces chats, il y avoit des espèces de châteaux. Car ce n'étoit pas de simples galeries, telles qu'estoient les chats, mais des galeries qui étoient défendues par des tours et des beffrois. Saint Louys en l'épistre de sa prise, parlant de cette chaussée: Saraceni autem è contra totis resistentes conatibus machinis nostris quas erexeramus, ibidem machinas opposuerunt quamplures, quibus castela nostra lignea, quæ super passum collocari feceramus eumdem, cunquassata lapidibus et confracta cumbusserunt totaliter igne græco... Et je crois que l'étage inférieur de ces tours (chateils) estoit à usage de chats et galeries, à cause de quoy les chats de cette sorte estoient appellés chas chatels, c'est-à-dire comme je viens de le remarquer, chats fortifiés de châteaux. L'auteur qui a décrit le siége qui fut mis devant Zara par les Vénitiens en l'an 1346, lib. II, c. VI apud Joan. Lucium de regno Dalmat., nous représente ainsi cette espèce de chat: aliud erat hoc ingenium, unus cattus ligneus satis debilis erat confectionis, quem machinæ jadræ sæpius jactando penetrabant, in quo erat constructa quædam eminens turris duorum propugnaculorum. Ipsam duæ maximæ carrucæ supportabant. Et parce que ces machines n'estoient pas de simples chats, elles furent nommées chats-faux, qui avoient figure de beffrois et de tours, et néanmoins estoient à usage de chats. Et c'est ainsi que l'on doit entendre ce passage de Froissard. Le lendemain vindrent deux maistres engigneurs au duc de Normandie, qui dirent que s'on leur vouloit livrer du bois et ouvriers, ils feroient quatre chaffaux (quelques exemplaires ont chats) que l'on meneroit aus murs du chastel, et seroient si hauts qu'ils surmonteroient les murs. D'où vient le mot d'Eschaffaux, parmi nous, pour signifier un plancher haut élevé.» Voy. le Recueil de Bourgogne, de M. Perard, p. 395.
[Note 142: ][ (retour) ] Voy. Études sur le passé et l'avenir de l'artillerie, par le prince Louis-Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., t. II. Cet ouvrage, plein de recherches savantes, est certainement le plus complet de tous ceux qui s'occupent de l'artillerie ancienne; voici la description que donne du trébuchet l'illustre auteur: «Il consistait en une poutre appelée verge ou flèche, tournant autour d'un axe horizontal porté sur des montants. À l'une des extrémités de la verge on fixait un contre-poids, et à l'autre une fronde qui contenait le projectile. Pour bander la machine, c'est-à-dire pour abaisser la verge, on se servait d'un treuil. La fronde était la partie la plus importante de la machine, et d'après les expériences et les calculs que le colonel Dufour a insérés dans son intéressant mémoire sur l'artillerie des anciens (Genève, 1840), cette fronde en augmentait tellement la portée qu'elle faisait plus que la doubler, c'est-à-dire que si la flèche eût été terminée en cuilleron, comme cela avait lieu dans certaines machines de jet en usage dans l'antiquité, le projectile, toutes choses égales d'ailleurs, eût été lancé moitié moins loin qu'avec la fronde.
«Les expériences que nous avons faites en petit nous ont donné les mêmes résultats.»
Une machine de ce genre fut exécutée en grand en 1850, d'après les ordres du président de la République et essayée à Vincennes. La flèche avait 10m,30, le contre-poids fut porté à 4500 kilog., et après quelques tâtonnements on lança un boulet de 24 à la distance de 175 mètres, une bombe de 0m,22 remplie de terre à 145 mètres, et des bombes de 0m,27 et 0m,32 remplies de terre à 120 mètres, (Voy le rapport adressé au ministre de la guerre par le capitaine Favé, t. II, p. 38 et suiv,)
[Note 143: ][ (retour) ] Voy. Biblioth. de l'école des Chartes, t. VII, p. 363, rapport publié par M. Douët d'Arcq. Ce texte est reproduit dans les Études sur l'artillerie, par le prince Louis-Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., ouvrage déjà cité plus haut, et auquel nous empruntons la traduction fidèle que nous donnons ici.
[Note 144: ][ (retour) ] Saint Louis et Philippe le Hardi exécutèrent d'immenses travaux de fortification à Carcassonne, sur lesquels nous aurons à revenir.
[Note 144a: ][ (retour) ] C'était Le moulin du roi probablement, situé entre la barbacane du château et l'Aude
[Note 145: ][ (retour) ] À l'ouest, voy. fig. 9.
[Note 146: ][ (retour) ] «Postea dressarunt mangonellum quemdam ante nostram barbacanam, et nos contra illum statim dressavimus quamdam petrariam turquesiam valde bonam, infra...».