[Note 197: ][ (retour) ] Froissart, ch. 318, édit. Buchon.
[Note 198: ][ (retour) ] Le récit de Froissart n'est pas conforme à la lettre du roi, d'après ce chroniqueur, le roi Édouard aurait refusé le cartel de Philippe. Disant qu'il n'avait qu'à venir le trouver dans son camp.
[Note 199: ][ (retour) ] Froissart, chap, 324, édit, Buchon.
[Note 200: ][ (retour) ] Nulle place forte ne résistait à du Guesclin; il savait entraîner ses soldats, et prenait presque toutes les villes et châteaux en brusquant les attaques. Il avait compris que les fortifications de son temps ne pouvaient résister à une attaque conduite sans hésitations, avec vigueur et promptitude. Il donnait l'assaut en jetant un grand nombre de soldats braves et bien armés, munis de fascines et d'échelles, sur un point, les faisait appuyer par de nombreux arbalétriers et archers couverts, et formant une colonne d'attaque d'hommes dévoués, il perdait peu de monde en agissant avec vigueur et promptitude. Au siége de Gingamp:
«Des arbres et de boiz et de buissons ramez
Ont les fiers assaillants rempliz les grans fossez;
En .II. lieux ou en plus est de merrien rasez.
À la porte est venus Bertran li alosez,
Et crioit hault: «Guesclin! or tost lassus montez!
Il convient que je soie là-dedens ostelez.»
Eschielles ont drécies comme fiers et osez;
Là véissez monter celle gens bacelez
Et porter sur leur chief grans huis, qui sont bendez,
Fenestres et escus qui estoient nervez,
Pour la doubte des pierres qui giétent à tous lez
Cilz qui furent dedens furent espoantez:
Aux crénaux ne s'osoient amonstrer, ce créez,
Pour le trait qui venoit, qui doit estre doubtez
Li chastelains estoit en on donjon montez,
Et regarde assaillir ces bourjois alosez,
Qui d'assaillir estoient tellement eschaufez
Qu'il ne doubtent la mort la monte de .II. dez.»
(Chronique de Bertrand du Guesclin, vers 3149 et suiv.)
Du Guesclin n'employait pas ces tours mobiles, ces moyens lents, dispendieux et difficiles d'attaque; il ne se servait guère que des engins offensifs; il employait la mine, la sape, et c'était toujours avec cette activité, cette promptitude, cette abondance de ressources et ce soin dans les menus détails, qui caractérisent les grands capitaines.
Il investit le donjon de Meulan:
«Li chastelains estoit en sa tour demourant:
Si fort estoit la tour qui n'aloit rien doubtant.
Bien pourvéu furent en a ou tamps de devant,
De pain, de char salée et de bon vin friant
Pour vivre .XV. mois ou plus en .I. tenant.
. . . . . . . . . . . . . .
Bertran en est alez au chastelain parler,
Et li requist la tour, qui li veille livrer,
Et qui la rende au duc, qui tant fait à loer.
«Tout sauvement, dit-il, je vous lerai aler.»
Et dist li chastelains: «Foi que doi S. Omer!
Ainçois qu'en ceste tour vous puissiez hosteler,
Vous conviendra, je croi à prendre à haut voler.
. . . . . . . . . . . .
Bertran du Guesclin fist fort la tour assaillir;
Mais asaut ne les fist de rien nulle esbahir:
Bien furent pourvéu pour longuement tenir.
Adonc fist une mine et les mineurs fouir,
Et les faisoit garder, c'on ne les puit honnir;
Et les mineurs pensèrent de la mine fornir,
La terre font porter et la mine tenir,
Si que cil de la tour ne les purent véir.
Tant minèrent adonc, ce sachiez sans faillir,
Que par-desoubz les murs pueent bien avenir.
Dessouz le fondement font la terre ravir,
Alors eschanteillons (étançons) la tirent soustenir,
Grans, baux, fors et pesans y ont fait establir.
Dont vinrent li mineur sans point de l'alentir,
Et dirent à Bertran: «Quand vous arez desir,
Sire, nous vous ferons ceste tour-ci chéir.»
--«Or tost, ce dit Bertran, il me vient à plaisir;
Car puisque cil dedens ne veulent obéir,
Il est de raison c'on les face morir.»
Li mineur ont bouté à force et à bandon
Le feu dedens la mine, à lors division.
Li bois fu très-bien oint de graisse de bacon:
En l'eure qu'il fut ars, si con dit la chançon,
Chéi la haute tour liinsi qu'à .I. coron.
. . . . . . . . . . . . »
(Chronique de Bertrand du Guesclin. vers 3956 et suiv.)
[Note 201: ][ (retour) ] C'est surtout pendant le XIVe siècle que s'organisèrent d'une manière régulière les corporations d'arbalétriers et d'archers dans les villes du nord. Par une ordonnance datée du mois d'août 1367, Charles V institue une connétablie ou compagnie d'arbalétriers dans la ville de Laon. Le roi nomma pour trois ans Michauld de Laval connétable de cette compagnie. «Dans la suite, dit l'article 1er de cette ordonnance, les arbalestriers esliront de trois en trois ans un connestable à la pluralité des voix. Michauld de Laval, avec le conseil des cinq ou six des plus experts au jeu de l'arbaleste, choisira les vingt-cinq arbalestriers qui doivent composer la compagnie. Les arbalestriers obéiront au connestable, dans ce qui reguarde leurs fonctions, sous poine d'une amende de six sols.»
L'article 2 porte: «Le roi retient ces arbalestriers à son service, et il les met sous sa sauve-garde.»--Suivent des articles qui établissent certains priviléges en faveur de la compagnie, tels que l'exemption de tous impôts et tailles, à l'exception «de l'aide establie pour la rançon du roi Jean.»
Le même roi institue une compagnie de vingt arbalétriers à Compiègne.
En 1359 est organisée à Paris la corporation des arbalétriers au nombre de deux cents; par une ordonnance datée du 6 novembre 1373, Charles V fixe ce nombre à huit cents. Ces arbalétriers qui appartenaient à la classe bourgeoise et ne faisaient pas leur métier des armes, ne pouvaient quitter leur corporation pour servir dans l'armée ou ailleurs, sans l'autorisation du prévost de Paris et du prévost des marchands. Lorsque ces magistrats menaient les arbalétriers faire un service hors la banlieue de Paris, hommes et chevaux (car il y avait arbalétriers à cheval et à pied) étaient nourris; chaque homme recevait en outre trois sols par jour, leur connétable touchait cinq sols aussi par jour: le tout aux frais de la ville.
Par lettres patentes du 12 juin 1411, Charles VI ordonna qu'une confrérie d'archers, composée de cent vingt hommes, serait établie à Paris; que ces cent vingt archers seraient choisis parmi les autres archers qui existaient déjà; que cette confrérie serait spécialement chargée de garder la personne du roi et de la défense de la ville de Paris...
Charles VII, par lettres patentes du 22 avril 1448, institua les francs-archers pour servir en temps de guerre. Pour la formation de ce corps privilégié on choisit dans chaque paroisse des hommes robustes et adroits, et parmi les habitants aisés, parce que ces francs-archers étaient obligés de s'équiper à leurs frais ou, à défaut, aux dépens de la paroisse. Le chiffre du contingent était à peu près d'un homme par cinquante feux. (Recherches hist. sur les corpor. des archers, des arbalétriers et des arquebusiers, par Victor Fouque, 1852, Paris.)
[Note 202: ][ (retour) ] L'armée anglaise avait du canon à la bataille de Crécy. Dès 1326, la ville de Florence faisait faire des canons de fer et de métal. (Bibl. de l'école des Chartes, t. VI, p. 50.) En 1339, deux chevaliers, les sires de Cardilhac et de Bieule, reçoivent du maître des arbalétriers de la ville de Cambrai «dis canons, chinq de fer et chinq de métal» (probablement de fer forgé et de métal fondu), «liquel sont tout fait don commandement dondit maistre des arbalestriers par nostre main et par nos gens, et qui sont en la garde et en la deffense de la ville de Cambray.» Original parchemin, parmi les titres scellés de Clairambault, vol. XXV, fol. 1825. Bibl. de l'école des Chartes, t. VI, p. 51. «...Pour salpêtre et suffre viz et sec achetez pour les canons qui sont à Cambray, onze livres quatre soolz. III. den. tournois.» Ibid. voy. l'article de M. Lacabane, même vol. p. 28.
[Note 203: ][ (retour) ] Étud. sur le passé et l'avenir de l'artillerie, par L. Napoléon Bonaparte, présid. de la Républ., t. II, p. 96.
[Note 204: ][ (retour) ] Déposition du duc d'Alençon. Michelet, Hist. de France, t V, p. 99.
[Note 205: ][ (retour) ] Les trébuchets, pierriers, mangonneaux lançaient des boulets de pierre; il était naturel, lorsqu'on changea le mode de projection, de conserver le projectile.
[Note 206: ][ (retour) ] Voy. le siége d'Orléans, en 1428. Nous revenons sur les travaux exécutés par les Anglais pour battre et bloquer la ville.