Qu'une grant part du mur destravent...

Et en l'an 1205:

Un chat font sur le pont atraire,

Dont pieça mention feismes,

Qui fit de la roche meisme,

Li mineur desous se lancent,

Le fort mur à miner commencent,

Et font le chat si aombrer,

Que riens ne les peut encombrer.

Afin de protéger les travailleurs qui font une chaussée pour traverser un bras du Nil, saint Louis «fist faire deux baffraiz, que on appelle Chas Chateilz. Car il y avoit deux chateilz devant les chas, et deux maisons darrière pour recevoir les coups que les Sarrazins gettoient à engis; dont ils avoient seize tout droiz, dont ils faisoient merveilles [141].» L'assaillant appuyait ses beffrois et chats par des batteries de machines de jet, trébuchets (tribuquiaux), mangonnaux (mangoniaux), calabres, pierriers, et par des arbalétriers protégés par des boulevards ou palis terrassés de claies et de terre, ou encore par des tranchées, des fascines et mantelets. Ces divers engins (trébuchets, calabres, mangonnaux et pierriers) étaient mus par des contre-poids, et possédaient une grande justesse de tir [142]; ils ne pouvaient toutefois que détruire les créneaux et empêcher l'assiégeant de se maintenir sur les murailles ou démonter leurs machines.